Contenu :
1. Les nouveautés bibliographiques du mois
2. Le dossier : Le Goulag
3. Sites internet intéressants
4. Actualités
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1. Un auteur et un livre
Anne Applebaum , Goulag.
Une histoire. Traduit de l’anglais, Grasset , 716 p.
"L'auteur : Anne Applebaum est née en 1964 à Washington. Après
des études à Yale, à la London School of Economics et à Oxford, elle a longtemps été correspondante de The Economist à Varsovie. Ses travaux
lui ont valu de nombreux prix dont le prix Pulitzer de l'essai 2004 pour Goulag. Aujourd'hui, éditorialiste au Washington Post, cette historienne confirmée s'est imposée comme une
spécialiste incontournable de l'ex-Urss" Editeur
Commentaires
« On associe
traditionnellement le terme de « camp de concentration » à l'Allemagne nazie ; la mémoire historique en Occident semble avoir oublié que des
camps semblables, les « kontslager », apparurent en Russie dès 1918, lorsque au lendemain de la Révolution, Lénine et Trotski organisèrent la répression
contre les « ennemis du peuple ». Dès lors, le phénomène du Goulag ne cessa de s'amplifier pour devenir, dès avant Staline, la première
administration de l'Union soviétique, et ne disparut qu'à la chute du régime en 1989. Il fit près de 20 millions de victimes. Si Soljenitsyne,
avec L'Archipel du goulag, en a donné un inoubliable témoignage littéraire, aucun historien jusqu'à présent n'avait entrepris de faire la synthèse
historique de l'univers concentrationnaire propre au régime soviétique. C'est ce qu'a fait Anne Applebaum, en puisant dans une masse prodigieuse et
jusqu'ici largement inexplorée d'archives, de témoignages, de mémoires et d'interviews de survivants. Goulag retrace l'origine des camps, leur
essor sur tout le territoire soviétique, des Solovki à la Kolyma, puis leur déclin progressif. À cette analyse historique, géographique et économique
du système s'ajoute, pour la première fois, une étude sociologique minutieuse de la vie quotidienne des millions de « zeks » emprisonnés :
l'absurdité des arrestations, la cadence infernale des travaux, la terreur, les violences inouïes et la mort, omniprésentes, les effroyables
conditions d'hygiène et de subsistance, mais aussi les stratégies de survie, les tentatives d'évasion, et l'espoir et la solidarité qui, en dépit
de tout, subsistent... Cet ouvrage est une étude historique à la fois passionnante et d'une importance capitale, un recueil bouleversant de témoignages
essentiels à la compréhension d'un phénomène trop longtemps ignoré. » Alapage.com
« Il faut une audace peu commune pour s'engager dans une histoire que l'on dira «totale»
du Goulag. C'est la tâche entreprise et menée magistralement à bien par Anne Apple-baum, une jeune journaliste américaine dont le sérieux et
l'ampleur du travail d'historienne laissent pantois. L'histoire du Goulag, célèbre et terrible acronyme d'une plate identification administrative,
Glavnoïe Oupravlenie Laguereï, soit Direction générale des camps, n'est évidemment pas méconnue. Elle reste cependant, en France notamment, ou
bien limitée - si l'on ose dire - à l'oeuvre immense de Soljenitsyne, ou bien insérée dans des travaux sur l'histoire générale de l'URSS... Ce
qui fait alors la force de cette histoire du Goulag, c'est, d'abord, la variété et l'ampleur de ses sources. Anne Applebaum semble bien avoir tout
lu, tout dépouillé, tout entendu, et cela dans plusieurs langues. Près de deux milliers de notes - qui ne gênent pas la lecture - et une
bibliographie impressionnante attestent du caractère pharaonique de la documentation. Mais ce qui fait l'attrait tout particulier du récit de cette
histoire tragique, ce sont les deux façons de la conduire. La première ne surprendra pas. Chronologique, elle offre, très classiquement, une première
partie qui nous plonge des origines du Goulag en 1917 à la Grande Terreur et ses suites jusqu'en 1939, et une troisième et dernière partie qui
retrace - de 1940 à 1986 - l'essor et la chute de ce qu'Anne Applebaum désigne comme un «complexe industriel concentrationnaire». L'autre façon,
thématique, de conduire ce récit, sera cependant plus particulièrement remarquée. C'est la marque de la deuxième partie, enchâssée entre les
deux puissantes cariatides de la chronologie, où l'auteur s'attache à décrire et à comprendre minutieusement la «vie et le travail dans les camps».
Toutes les sources - archives, témoignages, écrits et oraux - sont convoquées avec une attention critique scrupuleuse et sensible pour restituer
non pas une, mais des milliers de journées de tous les Ivan Denissovitch possibles. »
Marc Riglet - Lire, d’octobre
2005 .
Table des matières
Introduction
Première partie : Les origines du goulag 1917-1939
Deuxième partie : Vie et travail dans
les camps
Troisième partie : Essor et chute du complexe industriel concentrationnaire
1940-1986
Epilogue : mémoire
Appendice : Combien ?
Bibliographie
Glossaire
Index
2. Dossier sur le goulag
Biblio : Généralités et témoignages
Des sites
Des articles sur le goulag : Wikipédia, encyclopédie universelle
RUSSIE: NE PAS OUBLIER LE GOULAG
Un colloque Le Goulag en héritage : Regards croisés
Biblio : Généralités
Courteois Stéphane, Werth Nicolas,
Panné Jean-Louis, Paczkowski Andrzej, Bartosek Karel et Margolin Jean-Louis, Le livre noir du communisme.
Crimes terreur, répression, Presses Pocket, 1999, 1105 p, Réédition en poche.
Kotek Joël et Rigoulot
Pierre, Le siècle des camps. Détention, concentration, extermination. Cent ans de mal radical, J-C Lattès, 2000,
805 p.
De l'Afrique du Sud en 1900 jusqu'en Tchétchénie en 2000, ce livre décrit l'histoire des camps, leur typologie,
leur nature, leur fonction. Abondante bibliographie. Ouvrage historique fondamental
Rossi Jacques, Le manuel du goulag, Cherche midi, 1997, 332 p.
De ses 24 ans passés au goulag, Jacques Rossi a fait un dictionnaire précis, fouillé et plein de son expérience
douloureuse
XXX, Goulag : le monde des zeks, Folio Histoire, 2004, 160 p, 26,00
Brossat Alain, Combe Sonia et Moukhine Leonid, OZERLAG 1937-64. Le système du Goulag. Traces, Autrement, 1991,
251 p., Totalitarisme, fascisme
Marie Jean-Jacques, Le goulag, Puf Que sais-je ?, 2000, 127 p. Fondé sur des documents d'archives ouverts depuis peu, cet ouvrage présente le Goulag tel qu'il est défini et décrit dans les circulaires ultra-confidentielles de ses fondateurs et maîtres, ainsi que son organisation, de sa proclamation en 1930 à 1954, date de sa dislocation, comme organisateur du travail forcé et instrument de la répression de masse. Le Goulag a deux faces : celle des victimes et celle des bourreaux.
Pailes Anne-Marie ( sous la direction de) , Mémoires du goulag, Université de Paris X, 2004.
Duguet Raymond, Un bagne en Russie
rouge, Solovki, l'île de la faim, des supplices, de la mort, Balland, 2004.
Liechtenhan Francine-Dominique, préface
de Emmanuel le Roy Ladurie, Le laboratoire du goulag 1918-1939, Desclée de Brouwer, 2004. A la question : où,
quand, pourquoi et comment est apparu le goulag ? , l’historienne Francine-Dominique Liechtenhan a trouvé la réponse : tout au nord de l'ancienne URSS, en mer Blanche, dans le monastère des Solovki. Dès 1923, les bolcheviks déportent
dans le fameux sanctuaire de cet archipel du bout du monde transformé en camp " à régime spécial ", outre aristocrates, " bourgeois
", membres du clergé et opposants, nombre de militants ouvriers, paysans et cadres du Parti ayant déplu à la direction. Largement initié par
Lénine, porté à son zénith
Tesson Sylvain, L’axe du loup : De la Sibérie à l’Inde sur les pas des évadés du goulag,
Presses Pocket, 2007.
Témoignages
Soljenitsyne Alexandre, L'archipel du goulag,Tome 4 des Ouvres complètes, Fayard, édition revue et augmentée par l'auteur, 1991
Soljenitsyne Alexandre, Le pavillon des cancéreux,
Pocket 2005
Soljenitsyne Alexandre, Une journée d'Yvan
Denissovitch, 10/18, 2004
Soljenitsyne Alexandre, Le premier cercle, Livre de poche, 2003
Buber-Neumann Margarete, Déportée en Sibérie, Seuil
Points, 1995
Rossi Jacques et Sarde Michèle, Jacques, le français pour mémoire du goulag, Presses Pocket, 2005, 381 p. Témoignage sur tout le parcours ( avant, pendant et après) de ce français emprisonné au goulag pendant 24 ans.
Rossi Jacques, Qu'elle était belle cette utopie !, Cherche-Midi, 2000. Jacques Rossi raconte sans
haine, ni regret son engagement de militant en Urss et ses vingt-quatre ans passés au goulag.
Chalamov Varlam, Les récits de la Kolyma, Verdier, 2003, 1515 p.
Nouvelle édition intégrale. Réunis pour la première fois en français, les Récits de la Kolyma retracent
l’expérience de Varlam Chalamov dans les camps du goulag pendant 17 ans. « Le camp, dit Chalamov, est une école négative de la vie. Aucun
homme ne devrait voir ce qui s’y passe, ni même le savoir. Il s’agit en fait d’une connaissance essentielle, une connaissance de l’être, de
l’état ultime de l’homme, mais acquise à un prix trop élevé. C’est aussi un savoir que l’art, désormais, ne saurait éluder ». Témoignage
et œuvre littéraire majeure sur les camps au 20° siècle.
Pour en savoir plus : http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-recitskolyma.html
Guinzbourg Evguenia, Le vertige 1 Chroniques des temps du culte de la personnalité, Seuil, 1967. Autobiographie
Guinzbourg Evguenia, Le vertige 2 : Le ciel de la Kolyma, Seuil
points, 1997. Description minutieuse de la vie dans le goulag.
Ariadna Efron , Chronique du
goulag ordinaire (1942-1955), Phébus, 2005.Ariadna Efron (1912-1975), fille de la grande poétesse
Marina Tsvetaeva, aura passé quinze ans de sa vie reléguée dans un univers inhumain... et elle aura réussi à y vivre libre - intérieurement
s'entend. Cette " Chronique " l'y aide : en fait de chronique, une riche succession de lettres qu'elle adresse à ses proches.
Tomaz Kizni, Goulag Acropole, 2003, 56,00 . Recueil de 550
photos. Outre de nombreux documents photographiques d'archives portant témoignage de la vie dans les
camps de 1923 aux années 1960, Tomasz Kizny apporte ses propres photographies, posant sur ces sites désormais en ruines et sur leurs populations hétéroclites
un regard d'une étonnante profondeur et d'une rare humanité. Il a également rassemblé, dans une vaste collection, des documents historiques
d'origines diverses, provenant d'anciens détenus ou administrateurs du Goulag, d'archives privées, mais aussi d'archives conservées par les
administrations de l'ex-Union soviétique.
Pour voir des photos : http://www.osa.ceu.hu/gulag/index.html
3. Sites internet intéressants
http://www.sitesofconscience.org/ : Coalition internationale des musées, des sites historiques de la conscience
La Coalition est un réseau de musées de sites historiques situés dans différentes parties du monde, aux stades de développement
variés, présentant et interprétant une grande variété de questions ayant trait à l'histoire, aux événements et aux populations. Nous
partageons la conviction qu'il revient aux sites historiques d'assister le public en l'aidant à établir des liens entre l'histoire de notre site et
ses implications contemporaines. Stimuler le dialogue sur les questions sociales et favoriser les valeurs humanitaires et démocratiques est notre
fonction principale.
Grâce à son programme web unique, www.sitesofconscience.org, la Coalition travaille en collaboration avec des organisations
internationales de défense des droits de l'homme et de lutte sociale afin de tirer parti des leçons du passé et les appliquer aux luttes
contemporaines. Les visiteurs du site Web peuvent faire un tour virtuel des sites historiques et explorer les lieux du monde où les problèmes abordés
ne sont toujours pas résolus. Les organisations participantes sont Human Rights Watch,
l'International Center for Transitional Justice, le Lawyer's Committee for Human Rights, le RFK Center for Human Rights et Amnesty International.
Voir le musée du goulag à Perm-36 :
L'objectif du musée est de promouvoir les valeurs démocratiques et la conscience
civique dans la société russe contemporaine grâce à la
préservation de la dernière prison politique soviétique dont la conservation constitue un rappel vivant de la répression ainsi qu'un monument culturel et historique important
http://www.memo.ru/eng/index.htm
Memorial est
une association russe, fondée en 1988 par Andreï Sakharov. À ses yeux, l’amnésie autour des crimes du régime soviétique et plus particulièrement,
stalinien, l’absence de "repentir" minent la société russe. Dans la tradition des Comités de défense des accords d'Helsinki, l'ONG
cherche à articuler la réhabilitation de la mémoire et l'engagement dans l'espace public contemporain en faveur des droits de l'Homme. Les deux
principaux centres de Memorial sont situés à Moscou et à Saint-Pétersbourg mais l'ONG a essaimé ailleurs, en Russie (elle compterait 60 représentations
régionales) et en Ukraine, selon une organisation assez complexe, voire, éclatée.
Memorial s'efforce d'ancrer la mémoire en faisant ériger des monuments, stèles et plaques commémoratives à la mémoire des victimes sur les lieux
symboliques du système répressif stalinien. Elle a obtenu le paiement de pensions aux victimes des répressions politiques. Chaque année elle
organise un concours d'écriture intitulé "L'homme dans l'histoire de la Russie au XXe siècle" dont l'enjeu est de lever les obstacles
psychologiques (désengagement, oubli) à la formation d'une conscience civique. L'organisation a ainsi reçu plus de 1 600 récits qui ont pu
faire l'objet de publications.
Des articles
voir Wikipédia, encyclopédie universelle :
Rechercher goulag : http://fr.wikipedia.org/wiki/Goulags
Sommaire
RUSSIE: NE PAS OUBLIER LE GOULAG. SELECTION DpJ DANS LE MONDE :
"Un oeillet à la main, certains marquent un arrêt devant les panneaux de photographies d'une ...
ledroitpourlajustice.blogspirit.com/archive/2006/11/01/russie-ne-pas-oublier-le-goulag.html
4. Actualités
Un colloque :
COLLOQUE INTERNATIONNAL
Paris - 19 et 20 mars 2007
(Université Paris IV Sorbonne et Maison des Sciences de l’Homme)
Le Goulag en héritage : Regards croisés
La fin du Goulag représente en effet un moment complexe et crucial de
la société et de l’institution concentrationnaire soviétique qui n’a pourtant fait ...
www.paris4.sorbonne.fr/fr/article.php3?id_article=4821 - 201k
L’objectif de ce colloque est d’aborder pour la première fois de façon spécifique la
question de la postérité du Goulag, et de privilégier pour cela une approche résolument pluridisciplinaire. La fin du Goulag représente en effet
un moment complexe et crucial de la société et de l’institution concentrationnaire soviétique qui n’a pourtant fait l’objet que d’une
attention limitée. Ainsi, les modalités (économiques, administratives, juridiques) tout autant que les implications (sociales, politiques,
historiques) de ce démantèlement n’ont jusqu’à présent fait l’objet que de recherches fragmentées dans le champ cependant florissant des études
menées sur le Goulag depuis le démantèlement de l’URSS, auxquelles le colloque organisé en octobre 2006 à l’université d’Harvard offrira
un premier grand moment de synthèse. Or la seule mention des dispositions législatives qui ont encadré à la fin des années cinquante la
disparition administrative de l’institution concentrationnaire, ou celle de la fin de la dissidence au milieu des années quatre-vingt, ne
permettent pas de restituer l’inscription dans le temps de ce démantèlement, pas plus que ces mentions ne permettent de comprendre la façon dont
l’univers concentrationnaire a pu continuer de modeler l’espace, l’imaginaire et les modes de vie des sociétés soviétiques et post-soviétique.
En s’attachant à la mise en évidence de certains aspects clés de cette inscription (telles que la restitution par le témoignage, l’impact des
procédures de réhabilitation ou encore l’émergence d’une conservation muséographique et monumentale) ce colloque vise précisément à offrir
pour la première fois un espace scientifique international de débat a ces questions, et souhaite constituer à ce titre un moment déterminant de la
recherche sur le système concentrationnaire soviétique. A travers la juxtaposition de différents éclairages disciplinaires portés sur quatre
grandes facettes du démantèlement (les questions liées à la documentation et à la patrimonialisation, ainsi que celles que posent la postérité
sociale et juridique de l’institution) son intention est ainsi de permettre à des scientifiques français et russes, mais également italien,
allemand, canadien et israélien d’en identifier précisément les enjeux symboliques et sociaux, et de baliser ainsi de façon fondatrice un pan
entier et pour l’instant largement inexploré des recherches sur le Goulag.