La Mondialisation

" Voyage aux pays du coton. Petit précis de mondialisation " de Erik Orsenna, paru chez Fayard 

2.1  Un auteur, un livre

Erik Orsenna , Voyage aux pays du coton. Petit précis de mondialisation, Fayard, 2006, 292 p., 21,00€

L'auteur : Sous sa moustache blanche et ses petites lunettes rondes, on décèle le regard espiègle d’Erik Orsenna.  Le regard d’un homme qui a toujours l’envie de rire mais aussi de s’émerveiller de la vie. Né à Paris en 1947, il a le profil particulier d’économiste-écrivain-navigateur.  Un économiste qui contribue à la réflexion sur le développement et la pauvreté : thème du :« Voyage au pays du coton ».  Un écrivain qui nous explique la nature et ses mécanismes au travers de personnages qui nous interpellent.  Un voyageur, enfin, qui désire toujours aller à la rencontre des gens pour mieux les comprendre.

Conseiller personnel et dernière plume de François Miterrand, aujourd'hui, il est la première plume de Ségolène Royal dont il a soutenu activement  la candidature à la présidence.

Le livre  

Avec son style inimitable, Erik Orsenna nous conte son voyage aux quatre coins du monde « globalisé ».  Son fil conducteur : le commerce du coton. Sa notoriété lui ouvre bien des portes mais il ne se limite pas au compte rendu des apparences.

Un poil narquois, un poil philosophe et surtout faux naïf, il nous présente un réquisitoire implacable, sans s’encombrer de trop de précautions diplomatiques, bien qu’il ne contredise jamais ses interlocuteurs.  Les producteurs de coton, du moins les plus pauvres en filent un bien mauvais !

Après un rappel historique des origines et du succès planétaire de « el kutun », plein feux sur les pratiques locales.

Au Mali, où l’on tisse le coton comme on bâtit son discours ( « parole » et « étoffe » se disent « soy »), il circule d’un village à l’autre.  L’état malien n’ayant jamais pu répercuter intégralement les chutes des cours mondiaux dues aux productions subventionnées, continue à payer les récoltes aux cours antérieurs.  Mais cela ne suffit pas pour des raisons minutieusement décrites.

Alors la Banque Mondiale dit «  Privatisez, on vous aidera »…

Au Burkina Faso on a dit non. En essayant de trouver une troisième voie, qui finit par donner des résultats au long cours. La production à été réorganisée,  L’Etat s’est désengagé en partie et à cédé trente pour cent des parts pour faire des producteurs des partenaires. Rien à voir avec l’orthodoxie prônée par les libéraux mais ça marche ! Un petit détour par les marchés : les fripes fournies par la bonne conscience des Européens qui vident leurs armoires ont ruiné la production locale (directement du camion de l’ONG à l’étal du marchand) aussi sûrement que les aides alimentaires ruinent la paysannerie.

Seul le Ghana se fait un devoir de «  consommer  national ».  Ailleurs on se vante plutôt de l’origine étrangère des vêtements.

Aux Etats-Unis, direction le Sud cotonnier.  Organisation au cordeau, plans de bataille des lobbies impeccable, conviction en béton armé de la suprématie nationale, le pays du blues nous le file. Accueillant, le membre du Congrès patron des lobbyistes-cotonniers, précise bonhomme, «  vous verrez mon petit-fils.  Il a neuf ans.  Je lui ai offert un fusil à sa taille.  Pour bien chasser, il faut commencer tôt ».  Le directeur général du conseil national du coton se présente : « Mark Lange, trente milliards de dollars » ! Sans commentaire.  Retranché derrière les subventions européennes et les pratiques commerciales chinoises, il justifie le soutien à une agriculture non rentable qui disparaîtrait sans cela.

Le Brésil, lui, ronge l’Amazonie pour étendre ses surfaces cultivables, la frontière recule toujours plus sans apporter aux plus pauvres quoi que ce soit de plus en matière de bien-être. Les Sans-Terre sont souvent de pauvres hères qui se déclarent tels pour obtenir un lopin qu’ils se dépêchent de revendre aux « fazendas ». Et ainsi de suite en boucle.  «  O futuro » ? Le bricolage génétique.  Création d’hybrides mi végétaux mi-animaux (coton et araignée). Brrr…….

Le seul type vraiment sympathique décrit dans le périple est le conservateur du musée du coton du Caire.  Un amoureux prosélyte aux connaissances encyclopédiques qui vibre, vit, pense, rêve  « coton ».  Pas surchargé de visiteurs, il a le temps de consacrer un soin maniaque à ses collections et à l’histoire de la fibre miraculeuse.   De qualité extrêmement supérieure, ce coton envahit le  « vert » au point de manger toujours plus l’espace des cultures vivrières.  Jusqu’où ? Jusqu’à quand ? Après l’Ouzbekistan, la Chine, la France…. 

Conclusion amère : la première leçon d’un tour du monde : sur Terre la douceur est une denrée rare, et chèrement payée.

Hommage aux travailleurs du coton.

Marie-Paule Roberfroid

2.2 Bibliographie

Consultez la bibliographie concernant la mondialisation dans le répertoire du Ciddhel : Economie, Droits économiques, sociaux et culturels, Ciddhel-info – mondialisation et droits humains - 2004.

Quelques autres titres :

Stiglitz Joseph-E, Chemla Paul, Un autre monde : Contre le fanatisme du marché, Fayard, 2006, 425 p.

”... Or, du moment qu'il y a des alternatives et des choix, ce sont les processus politiques démocratiques qui doivent être au centre des prises de décision, et non pas les technocrates. L'un des principaux choix auxquels toutes les sociétés sont confrontées concerne le rôle de l'État. Le succès économique nécessite de trouver le juste équilibre entre l'État et le marché. Quels services l'État doit-il fournir? Quelles réglementations doit-il instaurer pour protéger les travailleurs, les consommateurs, l'environnement? Il est clair que cet équilibre change avec le temps, et qu'il sera différent d'un pays à l'autre. Dans ce livre, je vais démontrer que la mondialisation, telle qu'on l'a imposée, a empêché d'obtenir l'équilibre requis. Je veux souligner cependant que rien n'oblige à ce qu'elle nuise à l'environnement, aggrave les inégalités, affaiblisse la diversité culturelle et favorise les intérêts des grandes firmes aux dépens du bien-être des simples citoyens. Une mondialisation choisie, bien gérée, comme elle l'a été dans le développement réussi d'une grande partie de l'Asie orientale, peut beaucoup apporter aux pays en développement comme aux pays développés...”

 

Berstein Serge, Milza Pierre et collectif, Histoire du XXe siècle : Tome 3, de 1973 à nos jours : vers la mondialisation et le XXIe siècle, Hatier, 2005, 446 p.

Les événements qui ont transformé le monde, les acteurs qui ont transformé le siècle. La référence indispensable pour comprendre les évolutions qui ont changé l'équilibre du monde. Interrogations et remises en cause jalonnent la fin du siècle : disparition des blocs et résurgence des nationalismes, crise économique, difficultés du tiers monde, renouveaux religieux, enjeux de la mondialisation. Des résumés introductifs en début de chapitre, de nombreuses cartes et schémas en font un outil facile à utiliser. Un index du a noms propres pour retrouver les personnages marquants du XXe siècle.

 

Rainelli Pierre, Lepetit Pierre, L'agriculture de demain : Gagnants et perdants de la mondialisation, Le félin, 2007, 157 p.
Crise alimentaire, OGM, négociations de l'OMC, biocarburants : loin d'être un secteur marginal, l'agriculture de demain est au cœur de nombreux débats. Aujourd'hui, alors que plus de 850 millions de personnes souffrent de la faim, les déséquilibres entre Nord et Sud sont criants. Mais d'ici 2050, la Terre devra nourrir 9 milliards d'hommes. Les OGM seront-ils le moteur d'une nouvelle Révolution verte ? La mondialisation de l'agriculture peut-elle produire de la croissance et réduire la pauvreté, ou va-t-elle accroître l'isolement des pays les plus pauvres ? Cet ouvrage passionnera tous ceux qui veulent des réponses claires et nuancées sur ce sujet essentiel pour l'avenir de nos sociétés.

 

Negri Toni, Empire, Folio 10/18, 2004, 572 p.

Qu'est-ce que l'Empire ? " Un appareil décentralisé et déterritorialisé de gouvernement qui intègre progressivement l'espace du monde entier. " Prenant acte de la transformation du monde dans l'après-guerre froide, Michael Hardt et Antonio Negri s'efforcent de repenser à nouveaux frais les formes de la domination mondiale. Empire est un essai " utopique " de philosophie politique, une tentative d'écrire un nouveau " Manifeste communiste " pour notre temps. Étudiant les régimes d'exploitation et de contrôle qui caractérisent l'ordre du monde, les auteurs cherchent à définir les conditions d'une société réellement démocratique. Face à l'Empire se dressent désormais les " multitudes ", des formes nouvelles de résistance micro-politiques qui manifestent un puissant " désir de communauté humaine ".

 

Traoré Aminata, Le Viol de l'imaginaire, Hachette Pluriel, 2004, 216 p.

Par la grande voix africaine, ancienne ministre de la Culture du Mali, un livre bouleversant sur la douleur d'une Afrique mutilée par la mondialisation libérale.

 

Attac (Harribey Jean-Marie, Accardo Alain, et Albala Nuri), Le Petit Alter : Dictionnaire altermondialiste, Mille et une nuits, 2006, 394 p.

Le Petit Alter compte trois cent trente entrées environ. Certains de ces articles sont purement informatifs. Les autres, plus nombreux, proposent des analyses et des interprétations. Des analyses qui cherchent autant que possible à présenter différentes approches d'une question. Pour autant, Le Petit Alter ne prétend pas à l'impartialité : il indiquera la ou les pistes qui semblent les plus prometteuses.

 

Appadurai Arjun, Abélès Marc, et Bouillot Françoise, Après le colonialisme : Les conséquences culturelles de la globalisation, Payot, 2005, 326 p.)
Dans ce livre particulièrement fécond et novateur, l'anthropologue indo-américain Arjun Appadurai décrit la globalisation comme un phénomène culturel qui nous a fait entrer dans une ère postcoloniale, une ère où l'imagination devient une force sociale tandis que l'Etat-nation est violemment mis en cause, où les relations entre les cultures occidentales et non occidentales sont profondément remodelées. Comment penser l'après-colonialisme ? Et comment penser après le colonialisme ? Ces deux questions sont aujourd'hui incontournables. Certes, les inégalités n'ont pas disparu et les formes d'exploitation offrent parfois un raffinement inédit. Mais suffit-il de s'en tenir aux bonnes vieilles catégories qui ont permis à la pensée occidentale de thématiser la domination implacable de l'Occident sur le reste du monde ?

 

Prahalad C.K., 4 milliards de nouveaux consommateurs : Vaincre la pauvreté grâce au profit, Village Mondial, 2004, 380 p.)
On le sait, les aides financières des pays riches ne sont pas la solution aux problèmes des pays pauvres. On le sait moins, il existe aujourd’hui un marché, encore pratiquement inexploité, fort de pourtant 4 milliards d’individus. En effet, les besoins de consommation dans les pays pauvres et en voie de développement sont réels, et ils représentent pour les entreprises du secteur privé l’opportunité à la fois de servir une cause publique et également de faire du profit. Encore faut-il changer de logique et oublier quelques préjugés, tant à l’égard du commerce qu’envers ces hommes et ces femmes qui vivent « au bas de la pyramide ». Si lutter contre la pauvreté par la libre-entreprise paraît idéaliste, cet ouvrage, à travers de nombreux cas d’entreprises, établit pourtant la preuve du contraire. Ces exemples, tel celui de Casa Bahia, actuellement une des enseignes les plus puissantes au Brésil et dont les clients sont les habitants des favelas, ou celui de Cemex, l’un des plus importants cimentiers du monde qui permet aux pauvres d’agrandir leur logement ; et d’autres encore en Inde, au Pérou, au Nicaragua, montrent qu’un potentiel considérable existe et qu’on peut le développer grâce à des solutions innovantes.

 

Bouba-Olga Olivier, Les nouvelles géographies du capitalisme : Comprendre et maîtriser les délocalisations, Seuil, 2006, 240 p.)
ST Microelectronics, Thomson, Hewlett Packard, Metaleurop... la litanie des délocalisations semble ne jamais devoir s'interrompre... Et chacun de chercher le coupable idéal : les " avantages acquis " ; l'ouvrier chinois ; l'Etat et sa fiscalité ; les patrons voyous ; les fonds de pension anglo-saxons, etc. Cet ouvrage propose une autre lecture. Il démontre que les délocalisations participent d'un processus plus général de réorganisation des activités économiques à l'échelle mondiale, au sein duquel le " déménagement " d'activités vers les pays en développement pèse finalement peu. Ce processus soumet l'ensemble des acteurs à une triple dictature : dictature des coûts (où l'on apprend que la question du coût du travail n'est pas vraiment essentielle), dictature financière (où l'on constate que le fonctionnement des marchés financiers est loin d'être rationnel) et dictature des compétences (où l'on cerne les limites des politiques des pôles de compétitivité). Les effets de cette triple dictature sont ambivalents : elle est au cœur du processus de création de richesses et d'emplois, mais creuse aussi les inégalités spatiales et sociales, au profit, pour l'essentiel, des détenteurs du capital financier et de ressources spécifiques. Inutile de rechercher les " méchants " de l'histoire, car le problème est systémique, indissociable des mutations du capitalisme dans une économie mondialisée. Mais cela n'implique en rien l'impuissance du politique. Si la dynamique du capitalisme est contraignante, les façons de répondre à la contrainte sont plurielles. C'est encore et toujours aux politiques de proposer les modèles alternatifs et aux citoyens de manifester leur préférence par leurs votes et leurs actions collectives. Le premier mérite de cet ouvrage est de dresser l'inventaire rigoureux des choix possibles.

 

Garapon Antoine et Allard Julie, Les juges dans la mondialisation : La nouvelle révolution du droit, Seuil, La république des idées, 2005, 95 p.


Le droit est devenu matière d'échange. Il franchit les frontières comme un produit d'exportation. De plus en plus, les règles qui organisent notre vie commune auront été conçues ailleurs, et celles qui auront été conçues ici serviront à bâtir du droit dans des pays étrangers. Cette grande transformation n'est pas l'œuvre d'un improbable législateur universel, mais bien davantage du travail quotidien des juges. Modestes ingénieurs plutôt que grands architectes, ils commercent entre eux par-delà les frontières, échangent des arguments, des décisions, des idées... Cette nouvelle sociabilité judiciaire internationale bouleverse les modes de production et de reproduction du droit sur des sujets aussi sensibles et divers que le mariage homosexuel, l'euthanasie, les campagnes électorales ou l'arbitrage commercial. De quel droit ?

2.3. Sites internet intéressants

Attacassociation pour une taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens

Alternatives économiques

Mondialisation et droits humains Mondialisation économique pour la primauté des droits de l’ homme. Sur le site de la FIDH Fédération internationale des ligues des droits de l’homme. Des études , des documents nombreux et intéressants surtout sous l’angle du respect des droits humains

Organisation Internationale du Travail76 p de bibliographie en anglais et 3 pages de sites sur la globalisation.

Mondialisation points de repère(Mpdr) suit l’actualité et fournit des textes courts mais mis à jour et classe sur le déroulement de ce phénomène contemporain de la globalisation. Ce site procure des points de repère par une lecture rapide, concise.

Monde diplomatiquearticles, revues, livres, liens concernant la mondialisation

Mondialisation.beCe site, riche en informations fut créé par des citoyens altermondalistes qui réfléchissent ensemble sur une idée qu'il existe un autre monde. Ce site décrit de façon la plus large possible tous les aspects de la mondialisation , il présente un agenda d’activités, un lexique, un historique, une biblio et des thèmes à discuter.

Observatoire de la mondialisationTerre sacrée. Site français

Forum social mondialToutes les infos sur les forums sociaux ( historique, charte, méthodologie, agenda…

Forum social européen

Forum social de Belgique

Fondation Coperniccollectif composé d’universitaires et de syndicalistes qui considère que le libéralisme n’est pas la liberté, mais son contraire et ne fait que favoriser l’accroissement des inégalités, quand il ne sert pas tous simplement à les justifier

Raisons d'agirCollectif de chercheurs qui entend favoriser tous les  travaux, recherches, recherches réflexions,analyses qui contredisent les discours dominants, en particulier les discours économiques diffusés quotidiennement à la télévision, sur les ondes

Alternatives économiques

Site pédagogiqueprésente dans un dossier «Mondialisation-Globalisation-anti-mondialisation» articles, dossiers, études, fiches de lectures, sites, librairie…

 Site du ministère de l'Économie et des finances à vocation pédagogique (France)

 Centre de recherche sur la mondialisation, c'est un institut indépendant basé au Québec, regroupant des intellectuels, chercheurs, militants produisant de nombreux textes, analyses, documents d'études sur l'économie mondiale, les transnationales et l'environnement.

La mondialisation par Jean-Paul Baquiast

Mondialisation et égalisation

Articles sur la mondialisation

http://www.cadtm.org Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde, rôle et idéologie des institutions de Bretton-Woods dans le développement.

http://www.clubdeparis.fr site qui produit des textes sur le club de Paris, ses actions, ses réunions, toute actualité autour du club de Paris.

Site du Groupe d'études et de recherches sur les mondialisations (GERM)

Un article dans Wikipedia sur la Mondialisation et son histoire