Déclaration de Maredsous : pour une mondialisation sensée !
Bibliographie générale : nouveautés
La presse comme outil de pression sur les sociétés multinationales
EDITO : Mondialisation et Droits humains
Depuis quelques décennies, un nouveau mot est entré dans notre vocabulaire : la mondialisation, traduction d’un mot anglais « globalization » plus employé et définissant un même phénomène . Phénomène plus ancien d’ailleurs.
Ce néologisme signifiait d’abord « le fait pour un événement d’acquérir un caractère mondial, de concerner et d’intéresser le monde entier ». Cette dimension universelle fut attribuée aux conflits du XX° siècle : à la suite des historiens, on parle de la première puis de la seconde guerre mondiale. Les philosophes modernes aussi qui définissaient l’homme comme « être-au-monde » soulignaient ainsi son enracinement dans l’universel. Puis, depuis 1980 environ, suite à l’expansion des multinationales et des groupes financiers instaurant le grand marché mondial, ce mot a pris une formidable accélération de sens pour recouvrir « l’ensemble des phénomènes, qu’ils soient économiques, politiques, culturels ou technologiques conduisant à une intégration croissante d’espaces et d’hommes à l’échelle mondiale » (1)
Tous les aspects de la vie économique certes, mais aussi culturelle, sociale, politique, artistique… ne se cantonnent plus à notre petit horizon régional ou national, ils ont une dimension globale, mondiale.. L’explosion de l’informatique, d’internet, des moyens de communication accélèrent aussi ce mouvement. Ainsi, la Terre est ramenée à la dimension d'un « village planétaire ».
Mais cela a-t-il a quelque chose à voir avec les droits humains, lesquels sont déclarés universels depuis 1948 ?
L’affirmation d’universalité des droits humains rejoint le phénomène de la mondialisation : les droits humains sont, pourrait-on dire, déjà mondialisés en germe, en puissance et veulent être partagés par tous les hommes, partout dans le monde.
A la suite du néolibéralisme triomphant, la mondialisation économique a exercé un impact profond sur la façon dont sont perçus et surtout vécus les Droits humains dans le monde ; la mondialisation économique et le respect de tous les droits humains entrent souvent en concurrence. Le « grand marché »vise plus le profit financier que l’épanouissement de l’homme,-- « le profit avant l’homme » pour reprendre une expression de Noam Chomski -- ; il veut la satisfaction de quelques-uns au détriment du bien commun ; et pour réaliser cet objectif non avoué, mais réel, les adeptes du libéralisme rejettent certains droits au second rang , en ignorent d’autres, en réservent certains en faveur d’une catégorie privilégiée.
Un exemple : au lieu de diminuer, la pauvreté augmente, l’écart entre les riches et les pauvres grandit, les pays pauvres peinent à sortir de leur niveau de sous-développement ; les richesses, pourtant plus abondantes, sont inégalement réparties ; cette pauvreté grandissante aliènent des millions d’hommes et les privent de leurs droits élémentaires de vivre dans la dignité, dignité qui suppose jouissance de biens matériels, physiques, intellectuels, culturels dans la liberté et la sécurité.
Dans l’introduction à la revue Manière de voir sur Le Nouveau capitalisme, Ignacio Ramonet écrit « Le nouveau capitalisme, c’est la marchandisation généralisée des mots et des choses, des corps et des esprits, de la nature et de la culture, ce qui provoque une aggravation des inégalités. A l’échelle planétaire, celles-ci se sont creusées dans des proportions sans précédent. Le rapport entre le PNB des pays les plus riches et celui des plus pauvres était environ de 3 à 1 en 1816. Puis de 35 à 1 en 1950, de 44 à 1 en 1973, de 72 à 1 en 1992, de 82 à 1 en 1995, de 86 à 1 en 2000. » (2)
Face à cette situation, des mouvements de résistances et de contestation naquirent partout et rassemblèrent de plus en plus de gens décidés. Et en se regroupant , ils créèrent un grand courant mondial de lutte pour une autre mondialisation. La gouvernance du monde ne peut pas rester aux mains des « nouveaux maîtres du monde » ( J.Ziegler). La politique doit rejouer un rôle régulateur, définir les axes de développement des sociétés, faire plier les lois injustes du marché mondial, veiller à une meilleure répartition des richesses que produit l’économie capitaliste. Les citoyens devenus passifs doivent reprendre en main leur sort et leur avenir. Les associations, les Ong défendant les droits humains, la justice sociale, le développement durable se sont transformées en acteurs de la mondialisation en faisant entendre leur voix et en réclamant une autre politique : « un autre monde est possible » disent-elles. Ce slogan, s’il lance une nouvelle utopie - le monde a besoin d’utopie , chacun a besoin de rêve dit Petrella dans son dernier ouvrage (3) -- proclame une nouvelle voie à suivre, un but à poursuivre avec force. Les forums sociaux régionaux et mondiaux connaissent le succès et des résultats encourageants.
« Après avoir obtenu des droits politiques, puis des droits sociaux, les citoyens réclament, devant les ravages de la mondialisation libérale, une nouvelle génération de droits, cette fois collectifs : droit à la paix, droit à une nature préservée, droit à la ville, droit à l’information, droit à l’enfance, droit au développement des peuples … Il est inconcevable que cette société naissante ne soit pas mieux associée aux prochaines grandes négociations internationales où seraient discutés les problèmes liés à l’environnement, à la santé, à la suprématie financière, à l’humanitaire, à la diversité culturelle, aux manipulations génétiques ..etc. Car il faut songer à construire un futur différent. » (4)
Voilà pourquoi, le Ciddhel, suite à une demande du Forum social de Charleroi, s’intéresse à cette question dans ce numéro spécial du Ciddhel Info ; pour la bibliographie, nous avons fait un choix dans l’abondance de littérature sur le sujet : nous voulons d’abord faire connaître le phénomène de la globalisation ( quelques ouvrages d’introduction, petits, bien faits, d’autres plus volumineux ), en suite faire connaître le mouvement altermondialiste ( la bibliographie et aussi deux articles d’un acteur militant au sein d’Attac et du Forum social de Charleroi ), et ouvrir des possibilités d’approfondissement avec des études particulières, des revues, des documents, des sites internet. Enfin, une réflexion sur la presse comme moyen de pression sur les multinationales clôture ce numéro spécial .
L’information, la recherche, l’étude enrichissent la prise de conscience du phénomène riche mais aussi inquiétant de la mondialisation et finalement stimulent la volonté de changement et la mise en route de l’action en faveur d’un autre monde possible où tous les droits humains seront respectés et partagés par tous les hommes partout dans le monde. Un beau rêve !
L.Tilmant
(1) Allemand Sylvain et Jean-Claude Ruano Borbalan, La mondialisation, Le cavalier bleu, 2002, p., 5
(2) Manière de voir, Le nouveau capitalisme, Le monde diplomatique, n° 72, 2004, p., 7
(3) Petrella Ricardo, Désir d’humanité. Droit de rêver, Labor, 2004
(4) Ignacio Ramonet, Ramon Chao, Wozniak, Abécédaire partiel et partial de la mondialisation, Plon , 2003, p 20.
Voilà 4 ans déjà que les Forums Sociaux ont vu le jour. En 2001, le premier Forum Social de Porto Alegre au Brésil rassemblait 15.000 personnes.
Lors de la deuxième rencontre en 2002, le nombre de participants était quatre fois plus important et cette année en Inde, à Mumbai, on y a dénombré plus de 100.000 participants dont un nombre considérable de jeunes.
Que de chemin parcouru, non seulement au niveau de la mobilisation mais aussi au niveau de la réflexion.
Mais aussi, que de chemin encore à faire car incontestablement la barre a été mise très haut.
La Charte des principes des Forums Sociaux stipule, en effet, que « les alternatives s’opposent à un processus de mondialisation capitaliste commandé par les grandes entreprises multinationales et les gouvernements et institutions internationales au service de leurs intérêts. Elles visent à faire prévaloir, comme nouvelle histoire du monde, une mondialisation solidaire qui respecte les droits universels de l’être humain, ceux de tous les citoyens et citoyennes de toutes les nations, et l’environnement, étape soutenue par des systèmes et institutions démocratiques au service de la justice sociale, de l’égalité et de la souveraineté des peuples ».
Pour travailler à cet objectif, une grande idée : « penser global, agir local » avec l’appui d’un précieux levier, à savoir la multitude d’associations, d’organisations et de mouvements qui ont souscrit à la Charte et qui apportent leurs spécificités, leurs analyses et leurs expériences de lutte pour un autre monde.
Très vite après la première rencontre du Forum Social Mondial de Porto Alegre en 2001 et afin de mettre en œuvre ce « penser global, agir local » il est apparu logique et souhaitable d’ enraciner la dynamique dans des Forums Sociaux locaux pour se rapprocher au maximum des lieux de vie des hommes et des femmes.
C’est ainsi qu’à peine né au niveau mondial, le mouvement alter-mondialiste a développé ses ramifications dans le concret de l’ « agir local ».
Pour la Belgique, c’est en mai 2002 que le Forum Social Belge était lancé avec plus de 200 associations membres qui travaillent à la fois en assemblée générale et au sein de groupes axés sur plusieurs sujets : groupe AGCS pour la défense et la promotion des services publics, groupe Europe pour la promotion d’une Europe sociale, groupe pour les questions relatives à la Paix, groupe « santé » …Plusieurs Forums Sociaux locaux ont aussi vu le jour et un organe de liaison a été mis en place afin de coordonner toutes les initiatives et de maintenir les liens au niveau international.
Pour garantir une grande liberté lors des échanges aux diverses instances qui participent aux rencontres des Forums, la charte stipule que celles-ci n’ont pas de caractère délibératif. Elles ne constituent donc pas une instance de pouvoir que pourraient se disputer les participants.
Il s’agit, ici, d’un mode de fonctionnement qui ne se base pas sur logique du rapport des forces avec comme résultat une somme nulle mais sur une dynamique des forces qui débouche sur un résultat à somme positive. Comme le dit fort bien Patrick VIVERET « Différences et divergences perdent leur caractère de faiblesse pour devenir des chances, les désaccords une fois dégagés des malentendus et des procès d’intention ne sont plus à fuir ou à régler de façon autoritaire mais « à construire » ensemble. Le pouvoir n’est plus considéré comme un droit à dominer autrui mais comme une capacité créative et qui appelle des logiques de coopération. On se donne mutuellement du pouvoir au lieu de chercher à le conquérir ou à le conserver. » ( « Où va le mouvement altermondialiste ? » ouvrage collectif publié à La Découverte)
Tout cela est évidemment assez nouveau mais aussi une condition essentielle pour l’avenir du mouvement.
Françis de Walque
Pour de plus amples renseignements sur les Forums Sociaux en Belgique, voici une adresse :
Forum Social de Belgique
Quai du Commerce, 9
1000 – BRUXELLES
- http://www.wsf.betel. 02/ 250.12.68
Bibliographie La mondialisation
1. Ouvrages généraux . Ouvrages d’introduction§ 1 Ouvrages d’introduction
N.B Sous ce paragraphe, nous signalons des ouvrages généraux, à petits prix, qui peuvent constituer une première approche, un premier questionnement sur ce que l’on appelle la mondialisation
Allemand Sylvain et Jean-Claude Ruano Borbalan, La mondialisation, Cavalier bleu, coll. Idées reçues, 2002, ** Analyse des idées reçues des détracteurs et des défenseurs de la mondialisation.
Passet René, Une économie de rêve ! « La planète folle », Mille et une nuits, 2003, 138 p., *. Avec humour, René Passet pousse jusqu’au bout la logique de la pensée libérale.
Attac, Enquêtes au cœur des multinationales, Mille et une nuits, 2001, 96 p., *
Jacquard Albert, J’accuse l’économie triomphante, Livre de poche, 2004, 188 p.,*
Forrester Viviane, L’horreur économique, Livre de poche, 2000, 186 p., *
Forrester Viviane, La dictature du profit ( une étrange dictature), Livre de poche, 2001, 220 p.*
Les Econoclastes, Petit bréviaires des idées reçues en économie, La Découverte, 2003, ***
Plihon Dominique, Le nouveau capitalisme, La Découverte Repères, 2003, 128 p. **
Fourcans André, La mondialisation racontée à ma fille, Seuil, 2001, 308 p., ***
Stiglitz Joseph-Eugène, Prix Nobel de l’économie, La grande désillusion, Livre de poche, 2003, **. Il écrit : « Aujourd’hui, la mondialisation ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres. Ça ne marche pas pour l’environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l’économie mondiale ».
Ziegler Jean, Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent, Folio, 2003, 369p., **
Michalet Charles-Albert, Qu’est-ce que la mondialisation ? Petit traité à l’usage de ceux et de celles qui ne savent pas encore qu’il faut être pour ou contre. La Découverte, 2003, **
Moreau-Defarges Philippe, La mondialisation, Puf, Que sais-je ? 2002, 128 p., **
XXX, La mondialisation, Hatier coll Documentaires jeunesse, 2003, **
Ruano-Borbalan Jean-Claude et Allemand Sylvain, La mondialisation. : le triomphe du libéralisme sauvage ? L’Hebe Coll La question, 2003, 87 p., *. Livre au format poche répondant avec compétence aux questions que tout public se pose sur un sujet d’actualité.
Amartya Sen, Un nouveau modèle économique. Développement, justice, liberté, Odile Jacob, 2003, 479 p, ***. Edition en poche de l'ouvrage du Prix Nobel de l'économie
Millet Damien et Toussaint Eric, 50 questions, 50 réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, Catdm/Syllepse, 2002, 262 p.
Guillochon Bernard, La mondialisation. Une seule planète, des projets divergents, Petite encyclopédie Larousse, 2003, **
Houtart François, La mondialisation, Fides, 2003, *
Maris Bernard, Lettre ouverte aux gourous de l’économie, Seuil Points, 2003, 144 p., **. Nouvelle édition mise à jour d'un pamphlet best-seller contre l'absurdité et l'arrogance du discours économique néo-libéral dominant
§ 2 Autres ouvrages généraux
Delcourt Jacques et de Woot Philippe, sous la direction de, Les défis de la globalisation, Presses universitaires de Louvain, 2001, 742 p, ****
Textes du colloque organisé par la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de Louvain pour son 50° anniversaire
De Villé Philippe, Un autre monde est-il imaginable ? Discours à quatre voix à propos des défis de la globalisation, (rassemblé par), Presses Universitaires de Louvain, 2003, 90 p, **.
Ce deuxième ouvrage reproduit plusieurs textes originaux venant compléter le premier ouvrage consacré au colloque organisé en 2001 par la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de Louvain pour son 50° anniversaire Parmi ceux-ci figurent les leçons publiques données par les trois personnalités internationales qui furent honorées par la Faculté en leur octroyant un doctorat honoris causa, à savoir les professeurs Robert Boyer (France), René Passet (France) et William Zartman (USA).
En outre, une synthèse des débats et des travaux qui eurent lieu avant et pendant le colloque a été réalisée par le rapporteur principal, le professeur Philippe de Villé.
Attac, Une économie au service de l’homme, Mille et une nuits, 2001, 288 p., ***
Généreux Jacques, Chronique d'un autre monde, Seuil, 2003, 297 p., ****. Professeur en Sciences Po. L'auteur synthétise sa recherche d'une pensée alternative au néo-libéralisme ambiant et propose un manifeste pour l'économie humaine.
Stiglitz Joseph-Eugéne, Quand le capitalisme perd la tête, Fayard, 2004, 416 p., *****
Conseiller économique principal du président Clinton, Joseph Stiglitz poursuit le procès du libéralisme sans limites amorcé dans La Grande Désillusion et esquisse les grandes lignes d'un " idéalisme démocratique ", vision d'avenir fondée sur un juste équilibre entre le marché et l'Etat, et sur des valeurs telles que la justice sociale (égalité des chances, priorité à l'emploi) ou encore le droit du citoyen à l'information
Ramonet Ignacio, Chao Ramon, Wozniak Jacek, Abécédaire partiel et partial de la mondialisation, Plon, 2003, 435 p., *****. Les auteurs pointent les paramètres principaux qui caractérisent la mondialisation, pour aider à mieux la comprendre et aussi la combattre. Textes présentés comme un abécédaire illustré de petits dessins.
Chomsky Noam, Le profit avant l'homme, Mille et une nuits, 2003, 245 p, ****. Le néo-libéralisme des Etats Unis, imité par la plupart des pays occidentaux est profondément antidémocratique, mais il peut être combattu efficacement. Ce livre va paraître en poche chez 10/18
de Senarclens Pierre, La mondialisation – Théories, enjeux et débats ( 3° édition), Colin, 2002, *****.
De Senarclens, P., Critique de la mondialisation, Presses de Sciences Po, 2003, ***
Samir Amin, Au-delà du capitalisme sénile ; Pour un XXI siècle non-américain, Puf, 2002. ****
Franck Thomas, Le marché de droit divin, populisme de marché et démocratie économique, Agone, 2003, 260 p., ****. Analyse rigoureuse et pamphlet de la globalisation du marché.
Rufin Jean-Christophe, Globalia, Gallimard, Coll. Blanche, 2004, ***** Roman et conte philosophique sur la globalisation nourri par une vraie réflexion sur les grands équilibres mondiaux, les rapports Nord-Sud, les libertés individuelles et collectives, la démocratie.
Collectif, Dictionnaire critique de la mondialisation, Pré-aux-Clers, 2002, ****
Benichi Régis, Lamy Pascal, Histoire de la mondialisation, Vuibert, 2003, 310 p., *****
Halimi Serge, Le grand bond en arrière. Comment l'ordre libéral s'est imposé au monde ? Fayard, 2004, ****
Duval Guillaume, Le libéralisme n’a pas d’avenir. Big business, marchés et démocratie, La Découverte, 2003, *** L'économie mondiale est de plus en plus dominée par quelques multinationales devenues des global players. Et, pour beaucoup, elles incarnent le diable. Pour Guillaume Duval, l'enjeu principal est ailleurs. Rappelant que la grande entreprise permet de produire efficacement des biens et des services de plus en plus sophistiqués au moindre coût, il explique ici que le vrai défi est celui de la maîtrise sociale, collective - ce qui ne veut pas dire forcément étatique - de ces « monstres ». Il montre de façon convaincante que cet objectif est moins hors de portée qu'on ne le dit.
Wolton Dominique, L’autre mondialisation, Flammarion Essai, 2003, ****. Le but de ce livre est de montrer : l'importance de la culture comme enjeu politique ; la nécessité de construire le multiculturalisme comme un pilier de la mondialisation ; le rôle pionnier que peut jouer l'Europe, par son histoire et ses choix démocratiques, pour créer cette autre mondialisation. Celle de la cohabitation des cultures.
Warnier Jean-Pierre, La mondialisation de la culture, La Découverte Repères, 2002, 128 p. **
Attac, Remettre l’OMC à sa place, Mille et une nuits, 2001, 96 p., *
Attac, Que faire du FMI et de la Banque mondiale ? , Mille et une nuits, 2002, 96 p., *
Adda, La mondialisation de l’économie, Tome 1 Genèse.Tome 2 Problèmes, La Découverte, Coll. Repères, 2002, 128 p., **.
Carfatan J.-Y, La mondialisation déloyale. Pour un nouvel ordre agricole et alimentaire, Fayard, 2002, **** .Un essai d'actualité, clair et informé, qui démonte les mécanismes en vertu desquels le commerce alimentaire mondial profite avant tout aux pays les plus riches et explore les voies de sa réforme
Samir Amin et Houtart François, sous la direction de, Mondialisation des Résistances. L'Etat des luttes 2002, L'Harmattan/Forum mondial des Alternatives, 2003, 386 p, ****. Le forum mondial des alternatives fait le point sur l'état des résistances et des luttes dans le monde, il analyse les enjeux majeurs des luttes et esquisse des moyens de résistance.
Forum mondial des Alternatives- Cetri, Mondialisation des résistances. Etat des luttes 2004, Cetri Syllepse, 2004, 312 p. ***** Nouvelle édition
Collectif, Une mondialisation humaniste, Colloque L’Harmattan, 2003, 162 p., ***
Mattelart Armand, La mondialisation de la communication, (3° édition), Puf, Que sais-je ? , 2002, 128p., **
Mattelart Tristan, sous la direction de, La mondialisation des médias contre la censure – Tiers Monde et audiovisuel sans frontières , De Boeck Université, 2002, 312 p. *****Cet ouvrage collectif analyse comment les médias transfrontières tels que les radios internationales, la vidéo, les télévisions par satellite ou encore Internet, peuvent contribuer, dans les pays du tiers monde, à contourner les politiques nationales de censure. Cet ouvrage s'adresse tout particulièrement aux professeurs et étudiants des 2ème et 3ème cycles en communication sociale et journalisme, ainsi qu'aux journalistes.
Passet René et Liberman Jean, Mondialisation financière et terrorisme, La donne a-t-elle changé depuis le 11 septembre, Enjeux planète, 2002,175 p., ***
Rosiak Patricia, Les transformations du droit international économique. Les Etats et la société civile face à la mondialisation économique. Préface de François Feral, l’Harmattan, 2004, 332 p., *****
Geoffrey Geuens, Tous pouvoirs confondus. Etat, Capital et Médias à l’ère de la mondialisation, Epo, 2003, 472 p. *****. En procédant à une analyse méticuleuse des actionnaires des grands groupes médiatiques, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe, ce livre dévoile à quel point l'information est sous contrôle. En décortiquant l'entrelacement des directoires politiques, économiques et militaires, l'auteur nous présente également le nouveau complexe militaro-industriel ou, comment la crise et la militarisation de l'économie sont à l'origine des nouvelles "croisades guerrières". Révéler tous ces réseaux croisés d'intérêts et de collusions, c'est dessiner le véritable organigramme de la "mondialisation" des grandes puissances. Indispensable pour entrer consciemment en résistance.
Gruzinski Serge, Les quatre parties du monde. Histoire d’une mondialisation, La Martinière, 2004, 420 p., ******. Au 16 et 17 siècle, en Afrique, en Amérique, en Asie, des milliers d'hommes et de femmes ont été confrontés à une première mondialisation occidentale. Face-à-face inédit des civilisations dans l'histoire, brassage sans précédent des sociétés, des idées et des modes de vie, confrontation des traditions locales et de la modernité, les différents aspects de cette mondialisation renvoient tous à la scène contemporaine. Du Mexique au Japon, du Brésil à l'Afrique, de Lisbonne à Goa, Serge Gruzinski propose une magistrale exploration des multiples liens qui se créent au sein des quatre parties du monde, montrant qu'ils débordent amplement le champ de l'économie et des technologies.
3. L’altermondialisation« Les altermondialistes, ces nouveaux rêveurs d’absolu, rappellent qu’il n’y a pas que l’économie qui soit mondiale, la protection de l’environnement, l’aide au développement, la crise des inégalités sociales et la préoccupation des droits humains sont aussi des affaires mondiales. Et c’est aux citoyens de la planète de les prendre en main »
Ignacio Ramonet dans Altermondialistes de tous les paysManière de voir, revue, Altermondialistes de tous les pays…, Le Monde diplomatique, n° 75 juin-juillet 2004, 98 p., **
Attac, Tout sur Attac 2002, Mille et une nuits, 2002, 160 p., *
Cassen Bernard, Tout a commencé à Porto Alegre…Mille forums sociaux, Mille et une nuits, 2003, 220 p., ***. Bernard Cassen journaliste et directeur général du Monde diplomatique, fondateur du mouvement Attac et assidu aux Forums sociaux depuis Porto Alegre analyse de l’intérieur les différents forums sociaux et pose la question débattue du «débouché politique des forums sociaux ( comme, d’ailleurs, des propositions d’Attac) ou dit autrement, du passage à l’acte pour faire advenir un autre monde possible ».
Susan George, Un autre monde est possible si …Fayard, 2004, ****. Vice-présidente d’Attac, Susan George présente ici les propositions du mouvement mais aussi les impasses et les écueils à éviter pour durer.
Klein Naomi, Journal d’une combattante. Nouvelles de la mondialisation, Actes Sud, 2003, *** . De la Conférence de Seattle (1999) aux événements tragiques du 11 septembre 2001, ces textes percutants de l'auteur de No Logo composent le journal d'une militante qui lutte avec acharnement contre la "malmondialisiation".
Attac, Agir local, penser global, , Mille et une nuits, 2001, 112 p., *
Attac, Le G8 illégitime,, Mille et une nuits, 2003, 160 p., *
Collectif, Où va le mouvement altermondialisation ? … et autres questions pour comprendre son histoire, ses débats, ses stratégies, ses divergences, La Découverte, 2003, **.
Attac, Pour une mondialisation à visage humain, Syllepse, 2003, **
XXX, Parcours d’une altermondialiste. De Seattle aux Twin Towers, Les empêcheurs de penser en rond, 2004, **. Ce livre montre l'origine et les principales expériences aux travers desquelles s'est forgé le mouvement altermondialiste aux États-Unis.
Peeters Anne et Denis Stokkink, sous la direction de, Mondialisation, comprendre pour agir, Complexe, Grip, 2002, *** .Cet ouvrage propose non seulement une clé d’analyse multidisciplinaire, mais aussi la mise en perspective des points de vue d’acteurs sociaux ou de représentants du mouvement altermondialiste.
Attac, Inégalités, crises, guerres: sortir de l’impasse, Mille et une nuits, 2003, 286 p .***. Les interventions et les débats de la troisième université d’été d’Attac, à Arles en août 2002.
%Association pour la Taxation des Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens
Qui sommes-nous et que voulons-nous ?
L’association ATTAC est née à la suite d’un article d’Ignacio RAMONET paru dans le « Monde Diplomatique » de décembre 1997 et dans lequel il attirait l’attention sur l’extraordinaire développement à travers le monde du capital financier occupé à mettre les peuples dans un état d’insécurité généralisée. « Cette mondialisation, disait-il, contourne et rabaisse les nations et leurs Etats en tant que lieux pertinents pour l’exercice de la démocratie et garants du bien commun ».
Chaque jour, en effet, ce sont près de 1.500 milliards de dollars qui circulent dans le monde avec la spéculation comme seul objectif. Alors que dans le même temps plus de 800 millions d’êtres humains ne mangent pas à leur faim et que 130 millions d’enfants n’ont pas accès à l’enseignement primaire. Ce sont aussi plus d’un milliard de personnes qui ne disposent pas de l’eau potable avec comme conséquence que, chaque jour, 30.000 personnes meurent dans le monde parce qu’elles ont consommé de l’eau polluée. Soit pour ce seul fléau, dix fois plus chaque jour de l’année que les victimes de l’attentat du 11 septembre 2001. Et l’Europe n’est pas en reste car, s’il y a 20 ans, les richesses se répartissaient selon une fourchette de 30 % pour les profits et 70 % pour les salaires, nous évoluons maintenant vers une fourchette de « 40 – 60 ». Nous vivons donc dans un environnement économique qui fait basculer dans la pauvreté de plus en plus d’hommes et de femmes. Il est donc urgent de mettre un « grain de sable » dans ces mouvements de capitaux dévastateurs qui génèrent la pauvreté partout dans le monde et qui déstabilisent les démocraties.
Ce « grain de sable », Ignacio Ramonet, l’a trouvé dans les travaux de James TOBIN, professeur aux Etats-Unis et prix Nobel d’économie en 1981, qui préconisait en 1972 déjà l’idée de mettre un frein sur la circulation quotidienne des capitaux spéculatifs par l’instauration d’une taxe qui serait dissuasive. L’idée de la Taxe TOBIN était relancée et très vite la proposition a fait mouche. L’association ATTAC ouverte à tous les citoyens et organisations conscients de l’urgence de reconquérir les espaces perdus par la démocratie au profit de la sphère financière était née, elle est présente déjà dans plus d’une quarantaine de pays, elle se veut pluraliste et indépendante de tous partis politiques.
Une plate-forme commune approuvée en décembre 1998 en définit les objectifs.
Les militants d’ATTAC ont rapidement compris cependant qu’au-delà de la spéculation financière, d’autres objectifs devaient également être pris en compte. Soit tous les mécanismes, institutions et législations qui ont été mis en place pour favoriser toujours plus le développement du capital financier mondial et qui décrètent « marchandises », soumises donc aux lois du marché, tous les biens et services essentiels au bien-être et au développement des peuples.
Pour assumer ce défi, le mouvement ATTAC trace son chemin en s ‘appuyant sur le bon sens, le vécu et l’expérience de ses membres avec l’appui d’un comité scientifique comprenant des spécialistes de différentes disciplines qui nous aident à déjouer les pièges de l’idéologie dominante et à élaborer des alternatives crédibles et solides.
ATTAC en Belgique.
Plus d’une vingtaine de groupes locaux se sont déjà constitués. Chaque groupe local est indépendant mais pour se revendiquer d’ATTAC il doit, bien sûr, adhérer à la plate-forme du mouvement et être reconnu par la Coordination d’ATTAC Wallonie-Bruxelles pour la partie francophone et par la Coordination d’ATTAC – Vlaanderen pour la partie flamande. Ces deux coordinations se réunissent séparément régulièrement et ensemble au moins quatre fois par an.
Des organisations régionales ou nationales peuvent également adhérer à ATTAC ainsi que des sympathisants qui pour diverses raisons n’ont pas les disponibilités suffisantes pour suivre les activités diverses mais qui souhaitent néanmoins nous soutenir et adhérer aux objectifs poursuivis par l’association.
Un bulletin francophone trimestriel est envoyé à tous les membres et sympathisants et depuis trois ans maintenant, ATTAC organise une Université d’automne ouverte à tous et qui nous donne l’occasion de concrétiser notre objectif de mouvement d’éducation populaire.
Pour de plus amples renseignements, adresses utiles, contact avec les locales, publications, etc…rendez-vous sur le site : http://
www.attac.org ou http://www.attac.beQuel avenir pour la « Taxe Tobin » ? :
Une proposition de loi, particulièrement argumentée et précise, déposée par MM.Dirk Van der Maelen et Geert Lambert (SP.A-Spirit) et contresignée par Karine Lalieux et Jacques Chabot ( PS) Nahima Lanjri (CD&V), Gerard Gobert (Ecolo) et Jean-Jacques Viseur (CDH) est en discussion en ce moment dans une commission de la Chambre des Représentants de Belgique.
En résumé, les auteurs « estiment que les activités des spéculateurs ont un important effet déstabilisant sur les pays dont la monnaie fait l’objet de cette spéculation ». Pour combattre ce phénomène, ils proposent donc une loi qui reprend le principe de la taxe Tobin mais en la précisant avec l’apport du professeur allemand Spahn qui propose un système basé à deux niveaux. Un premier niveau très faible de 0,01 à 0,02 % appliquée en permanence sur toutes les transactions et un deuxième niveau élevé, pouvant aller jusqu’à 80 % afin d’éviter toute variation brusque du taux de change.
Toute une série d’objections contre cette proposition de loi ont déjà été débattues et à chaque fois démontées, il apparaît dés lors clairement à présent que l’avenir de cette proposition de loi dépendra de la volonté politique de nos élus. Une large campagne va appuyer cet important projet porteur d’une réelle avancée démocratique. Si cette loi pouvait passer chez nous, elle permettra à d’autres pays européens de s’en inspirer et de nombreux démocrates attendent donc avec intérêt l’attitude de nos parlementaires.
Mars 2004
Françis de Walque
4. Etudes, analyses, documents
"Le problème ce n'est pas la mondialisation, c'est la façon dont elle est gérée. En particulier par les institutions économiques internationales, le FMI, la Banque mondiale, l'Organisation mondiale du commerce, qui contribuent à fixer les règles du jeu."
Joseph Stiglitz
Husson Michel, Les casseurs de l'Etat social. Des retraites à la Sécu : la grande démolition, La Découverte 2003, **. M.Husson analyse comment le démontage de l'Etat providence en France s'inscrit dans un cadre plus large, où la Commission européenne joue un rôle central de coordination et d'harmonisation.
Cardebat Jean-Marie, La mondialisation et l’emploi, La Découverte coll. Repères, 2002, 128 p., **
Attac, Travailleurs précaires unissez-vous !, Mille et une nuits, 2003, 128 p., *
Attac, Quand les femmes se heurtent à la mondialisation, Mille et une nuits, 2003, 188 p., *. Cet ouvrage montre comment la mondialisation a détérioré les conditions des femmes
Collectif, Syndicats et société civile : des liens à (re)découvrir, Labor. 2003, ***.Des acteurs de terrain, des militants syndicaux et associatifs et des chercheurs se sont associés pour questionner les liens entre associations et syndicats ainsi que pour s'interroger sur le contenu et la pertinence du concept de société civile.
Dejours Christophe, Souffrance en France. La banalisation de l’injustice sociale, Seuil Points, 2000, 240 p., ** .Comment faisons-nous pour tolérer le sort des chômeurs et des nouveaux pauvres? Et comment parvenons-nous à accepter sans protester des contraintes
de travail toujours plus dures, dont nous savons pourtant qu'elles mettent en danger notre intégrité mentale et psychique? Chistophe Dejours, spécialiste du travail, découvre à l'origine de ce consentement silencieux la peur et la honte. Il révèle comment pour pouvoir endurer la souffrance sans perdre la raison, on se protège. Pour que la souffrance devienne pensable et l'injustice sociale banalisée...
Attac, Le complexe médico-industriel, , Mille et une nuits, 2003, 112 p., *
Attac, Les paradis fiscaux, Mille et une nuits, 2001, 64 p., *
Castel Odile, Le Sud dans la mondialisation – Quelles alternatives ?, La Découverte, 2002, 216 p., ***. Ce livre éclaire comment la mondialisation, imposant des conditions encore plus contraignantes aux pays en développement, rend dorénavant la poursuite du processus de développement extrêmement ardue.
Petrella Riccardo, sous la direction de , L’eau . Res publica ou marchandise, La Dispute, 2003, 220 p. ***
De Perthuis Christian, Développement durable et mondialisation, Belin, 2003, ***
Hochrait D., La mondialisation contre le développement, Syllepse, 2002, ****
Chossudovski Michel, Guerres et mondialisation. A qui profite le 11 septembre ?, Le serpent à plumes, 2002, ***
Cohen Samy, La résistance des états – les démocrates face aux défis de la mondialisation, Seuil, 2003, 264 p., ****
Daniel A. Holly, Les Nations Unies et la mondialisation. Pour une économie politique des organisations internationales, L’Harmattan, 2003, 260 p.
Euzeby Chantal, et alii, Mondialisation et régulation sociale, T 1, L’Harmattan, 2003, 506 p., 41,00, T2 2003, 384 p., ******
Friot Bernard, Et la cotisation sociale créera l'emploi. La Dispute, 1999, **Les principales institutions protectrices du salariat, construites au long de dizaines d'années de luttes sociales, sont violemment attaquées par la contre-réforme libérale. Actuellement au coeur du dispositif régressif : le remplacement de la cotisation sociale par la fiscalité et la promotion de l'accumulation financière (fonds de pension).
Lordon Frédéric, Fonds de pension, pièges à cons?, Mirage de la démocratie actionnariale, Seuil, Raisons d'Agir, 2000, **
Lordon Frédéric, Et la vertu sauvera le monde... Après la débâcle financière, le salut par « l’éthique » ? , Seuil, Raisons d'Agir , 2003, **. Il est tellement plus facile de croire que si le capitalisme financier est en crise c'est parce qu'il a manqué d'honnêteté, de rigueur, de transparence et de vérité des comptes. Pendant qu'on en appelle à l'éthique et que l'on se figure que la vertu va sauver le monde, au moins on ne parle pas d'autres choses.
Karen Bastien, Philippe Arnaud, et Alain Damasio", Une autre mondialisation en mouvement, Mango, Actualités, 2002, 96 p., **
Mahamadou Maïga, Pour la survie de l’ONU : alimentation et agriculture face à la mondialisation – Lettre ouverte à ses utilisateurs, L’Harmattan, 2004, 228 p.
Martin Dominique et alii, Les métamorphoses du monde. Sociologie de la mondialisation, Seuil Essai, 2003, 176 p., *****
Mestrum Francine, Mondialisation et pauvreté. De l’utilité de la pauvreté dans le nouvel ordre mondial, L’Harmattan, 2002, 300 p., *****
Muchielli J-L, Multinationales et mondialisation, Seuil Points Economie, 1998, 384 p., **
Pottier Claude, Les multinationales et la mise en concurrence des salaires, L’Harmattan, coll. Travail et mondialisation, 2003, 254 p., *****. Sur les délocalisations
Mathiex Jean, Mondialisation. Les nouveaux défis d’une histoire ancienne, Le Félin, 2003, 245 p., *****
Berger Suzanne, Notre première mondialisation – Leçon d’un échec oublié ( 1870-1914), Seuil, 2003, 96 p., **. Un regard historique
Carroue Laurent, Géographie de la mondialisation, Colin, 2002, *****
Salesse Yves, Manifeste pour une autre Europe, Félin 2003.**Yves Salesse est un cofondateur de la Fondation Copernic, une des associations organisatrices du Forum social européen de Saint-Denis Paris en 2003. Face à la pseudo-Europe du grand marché, il est urgent de définir les objectifs sociaux et politiques qui pourraient construire une autre Europe.
Fondation Copernic, Europe, une alternative, Syllepse, 2003, **. A l’heure où, pour des raisons souvent électoralistes, la thématique de la "fracture sociale" se retrouve de nouveau conjoncturellement brandie, les deux Notes de la Fondation Copernic ("Productions et reproductions des pauvretés" et "Pauvres au quotidien") se complètent pour nourrir en armes d’analyse ceux qui n’entendent prendre la pauvreté ni comme une fatalité, ni comme un horizon indépassable.
Fondation Copernic, Diagnostics pour sortir du libéralisme, Syllepse, 2004 ** . Sur la politique de l’emploi, les retraites, l’immigration, le chômage, la fiscalité, le travail domestique, les services publics : des diagnostics nourris pour faire reculer le libéralisme
Delas Olivier et Deblok Christian, Le bien commun comme réponse politique à la mondialisation, Bruylant, 2003, ******
Commission mondiale sur les aspects sociaux de la mondialisation ( OIT)
La Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation a été instituée par l'Organisation internationale du Travail (OIT) en février 2002. Il s'agit d'un organe indépendant qui a été créé pour répondre aux besoins de tous ceux qui doivent faire face aux changements sans précédent que la mondialisation a introduits dans leur vie et dans celle de leurs familles ainsi que dans la société.
La commission a examiné les diverses facettes de la mondialisation, les différentes façons dont elle est perçue et ses effets sur le progrès économique et social. Elle a fait appel à des experts du monde entier pour essayer de trouver des moyens novateurs de concilier les objectifs économiques, sociaux et environnementaux. Elle a veillé à ce que ses recommandations fassent l'objet du plus large consensus possible entre tous les principaux acteurs. Son rapport final a été présenté le 24 février 2004
Le rapport complet : Une mondialisation juste : créer des opportunités pour tous se trouve sur http://www.ilo.org/public/french/wcsdg/globali/index.htm
Collectif, Quelle autre mondialisation ? La Découverte, Coll. Recherche 2002, 368 p., ****
Manière de voir, revue, Altermondialistes de tous les pays…, Le Monde diplomatique, n° 75 juin-juillet 2004, 98 p., **
Alternatives internationales , Alternatives économiques : Altermondialisme : la nouvelle internationale ? nov-déc 2003 , un dossier : la mondialisation vue d’Afrique
Alternatives économiques , Hors-série , La mondialisation 1° trimestre 2004, 64 p ; **. Son histoire, ses acteurs, sa théorie ; le pouvoir, la guerre, la paix ; le rôle de l’Europe ; croissance, commerce, inégalités… la mondialisation en 10 fiches .
L’économie politique, revue publiée par Alternatives économiques avec dans chaque numéro des articles, des dossiers touchant aux dimensions économiques et politiques de la mondialisation
Voir site : http://www.alternatives-economiques.fr/ecopol
Manière de voir , Le nouveau capitalisme, Le Monde diplomatique, déc-2003 – janvier 2004, **
http://www.fidh.org/ecosoc Mondialisation et droits humains : Mondialisation économique pour la primauté des droits de l’ homme . Sur le site de la FIDH Fédération internationale des ligues des droits de l’homme. Des études , des documents nombreux. et intéressants surtout sous l’angle du respect des droits humains
http://www.ilo.org/public/english/wcsdg/globali/biblio.pdf site de l’OIT : 76 p de bibliographie en anglais et 3 pages de sites sur la globalisation.
http://www.mondialisation.com : Mondialisation points de repère (Mpdr) suit l’actualité et fournit des textes courts mais mis à jour et classe sur le déroulement de ce phénomène contemporain de la globalisation. Ce site procure des points de repère par une lecture rapide, concise.
http://www.monde-diplomatique.fr/index/sujet/mondialisation : le site du Monde diplomatique sur le sujet : articles, revues, livres, liens .. ;
http://www.mondialisation.be : Ce site, riche en information fut créé par « des citoyens altermondalistes qui réfléchissent ensemble sur une idée qu'il existe un autre monde. Ce site décrit de façon la plus large possible tous les aspects de la mondialisation , il présente un agenda d’activités, un lexique, un historique, une biblio et des thèmes à discuter.
http://terresacree.org/obsmondi : Observatoire de la mondialisation situé à Paris
http://www.forumsocialmundial.org : site du Forum social mondial
toutes les infos sur les forums sociaux ( historique, charte, méthodologie, agenda… rapport Forum social mondial 2004 à Mumbai ( Inde), et le futur 2005 à Porto Alegre. Mémoires du Forum social mondial : documents essentiels sur les Forums sociaux mondiaux de 2001, 2002, 2003
http://www.fse-esf.org, Forum social européen
http://www.wsf.be : Forum social de Belgique
http://www.attac.org : site de l’association Attac
http://www.fondation-copernic.org , Site de la fondation Copernic , collectif composé d’universitaires et de syndicalistes qui considère que le « libéralisme n’est pas la liberté, mais son contraire » et ne fait que favoriser l’accroissement des inégalités , quand il ne sert pas tous simplement à les justifier.
http://www.raisonsdagir.org , collectifs de chercheurs qui entend favoriser tous les travaux, recherches, recherches réflexions ,analyses qui contredisent les discours dominants, en particulier les discours économiques diffusés quotidiennement à la télévision, sur les ondes
http://www.pages-bourdieu.fr.st, textes entretiens du sociologue Pierre Bourdieu
http://www.alternatives-economiques.fr, le site de la revue Alternatives économiques
http://www.educ21.com/mondiali.htm : site pédagogique présentant dans un dossier « Mondialisation-Globalisation-anti-mondialisation» articles, dossiers, études, fiches de lectures, sites, librairie…
: Pour une mondialisation sensée !Cette Déclaration est l'expression des attentes exprimées au colloque "Riches et pauvres face à la mondialisation actuelle" qui a rassemblé 150 personnes le 22 novembre 2003 à Maredsous à l'invitation du groupe 8-10 avec la participation de François Houtart, Francine Mestrum, Ricardo Petrella, Michel Cool, Francis de Walque, Frédéric Antoine.
Voir
Ce qui était ressenti il y a quelques années encore comme une sourde inquiétude est aujourd'hui devenu certitude pour qui veut ouvrir les yeux: l'utilisation de la mondialisation au profit de l'Argent-Roi nous conduit de plus en plus rapidement dans une logique de guerres et vers un nouvel esclavage.
Le système économique fondé sur l'absolue liberté du marché a apporté un accroissement de richesses et de bien-être à une petite partie de l'humanité. Ce système s'est "affolé" et est devenu "triomphant" à la suite de l'effondrement des économies planifiées des pays communistes d'Europe et du développement accéléré des moyens de communication liés à l'informatique. Cet emballement, dit "sauvage", du capitalisme a produit des concentrations de capitaux aux mains de décideurs toujours moins nombreux, couverts par des structures multinationales souvent appuyées sur les facilités offertes par les paradis fiscaux et pour lesquels le rendement financier, le plus souvent déconnecté des réalités sociales, industrielles et économiques, est devenu le seul critère de décision.
Ce système, par sa puissance et en faisant sauter un grand nombre des régulations existantes, oriente, sans contrôle démocratique, les décisions des Etats-Nations et des grands organismes internationaux: Banque Mondiale, Fond Monétaire International, Organisation Mondiale pour le Commerce, organismes de standardisations ou de fixation des prix des matières premières, etc.
La conséquence directe est un enrichissement plus rapide des riches et un appauvrissement des autres; c'est également une course pour transformer en marchandise (produit sur lequel on peut faire du profit à court terme), toutes les ressources imaginables de la planète et de la vie humaine en les privatisant et en les exploitant de façon massive (forêts, ressources énergétiques, eau, air, génomes, natalité, éducation, culture, santé, etc.), provoquant la dépendance assistée de pays entiers, la mort de millions de personnes et la rapide destruction de l'environnement.
Et comprendre
Le système économique capitaliste est certes très efficace pour la production de biens et de services, mais il ne s'interroge guère sur les conditions sociales et écologiques de leur production, ni sur l'éventail et les conséquences de leur distribution. Par contre, si l'économie est l'activité destinée à produire la base nécessaire à la vie physique, sociale, culturelle et spirituelle de tous les êtres humains à travers le monde, il est le système le plus inefficace que l'histoire ait jamais engendré.
Voilà pourquoi il ne suffit pas de condamner les excès et les abus du capitalisme que l'on dit "sauvage". Il s'agit de remettre en question la logique même qui préside au fonctionnement de l'économie contemporaine y compris dans ses dimensions politiques, militaires et culturelles.
Réagir
Il nous faut donc:
- cesser de croire que le marché, et la concurrence qui en découle, sont les règles de base incontournables de toute économie sérieuse;
- promouvoir la répartition des richesses comme condition préalable essentielle pour aborder de façon crédible la lutte contre la pauvreté et contre les inégalités afin de permettre aux victimes de ce fléau de pouvoir jouir de tous les droits contenus dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme;
- développer le concept de "bien commun de l'humanité", empêchant toute privatisation de ce qu'il recouvre comme l'eau, l'air, la forêt, les génomes, la biosphère;
- reconnaître l'utilité de services publics efficaces et responsabilisés comme gage d'une rentabilité sociale indispensable pour le bien-être des personnes et l'harmonie de la vie en commun;
- combattre toute forme de guerre ou de conflit armé pour le contrôle des ressources naturelles sous prétexte d'avancées démocratiques
- mettre en place des institutions internationales chargées d'organiser ce nouveau système en basant leur fonctionnement sur l'exercice de la démocratie représentative alimentée, au plan mondial, par le terreau de la participation des citoyens et des associations de citoyens.
La présente Déclaration, rédigée à Maredsous le 23 novembre 2003 est proposée par François Houtart, Ricardo Petrella, Francine Mestrum, Miche Cool, Francis de Walque, Frédéric Antoine, Théo Mertens, Annie Ruyssen, Agnès et Paul Jourez, Véronique et Christian Delheylle, Yolande Juste, Marc Van Leeuw, Réginald-Ferdinand Poswick.
Si vous désirez adhérer à cette Déclaration,
envoyez vos coordonnées à:
Forum social de Charleroi,
c/o Francis de Walque,
22 Mistrabu
B-5650 PRY, Belgique
tél : 32(0)71.61.49.15
francis dewalque wbab5099@tiscali.be
1 ° Les éditions Couleur livres
Extrait d’Inforlivres .Bulletin trimestriel des éditions Couleur livres, asbl.
« Couleurs livres se veut une édition engagée, indépendante, pluraliste et proche des associations et organisations.
Une édition qui allie impertinence et découverte, mais aussi originalité, lisibilité et rigueur.
Notre production est large et variée. Elle s’étend de la publication d’essais sur les grandes questions de société ( citoyenneté, politique, immigration, mobilité, environnement, santé…) aux livres grand public d’initiation aux sciences humaines en passant par les ouvrages d’éducation et de formation, plus spécifiquement destinés aux étudiants, enseignants et parents. »
Créées en 2001, les éditions « Couleur livres » ont racheté et intégré le fonds éditorial EVO/Vista : Editions Vie Ouvrières (EVO) fondées en 1958 ( en 1997 EVO a créé la collection Petite bibliothèque de la citoyenneté ) En 2000, les EVO prennent l’appellation de « Vista ».
Adresse : Siège d’exploitation et librairie ( ouvert de 10 à 17h du lundi au vendredi): Couleurs livres 5, rue Lebeau, 6000 Charleroi. Tél : 071 32 63 22
couleurlivres@skynet.be http://www.couleurlivres.be
Parmi les nouveautés de cette maison, voici quelques ouvrages :
Morelli Anne, sous la direction de, Histoire des étrangers et de l’immigration en Belgique, de la préhistoire à nos jours, 2004, 416 p., ******. Nouvelle édition remaniée, mise à jour et augmentée.
Dès ses origines, la population de l’actuelle Belgique est métissée en différentes strates . Plus de vingt historiens retracent les apports successifs des populations « venues d’ailleurs » Ils analysent le vécu de ces hommes et de ces femmes qui ont quitté leur pays et qui ont construit progressivement la Belgique.
Chapelle Grégor, préface de Nabela Benaissa, Changeurs de monde, 2004, 112 p., ***
2° édition. « Nous ne supportons pas le monde tel qu’il est. Nous sommes une multitude à ne pas accepter la manière dont fonctionne la société humaine, à refuser ce système dont on ne sait pas très bien pourquoi il écrabouille tout sur son passage… » Ce livre dénonce les dérives du monde éducatif, médiatique, politique, et formule des propositions pour faire de nous tous des changeurs de monde .
Broquet Hervé, présenté par, Démocratie, j’écris ton nom, 2004, 112 p, **
25 auteurs belges mobilisent leur plume pour la démocratie.
Parmi des ouvrages plus anciens :
Bouselmati Mina, Le voile contre l’intégrisme. Le foulard dans les écoles, 2003, 112 p., *** Première recherche d’une sociologue menée en Belgique sur le port du foulard. Avec nuance et esprit de tolérance, cet ouvrage analyse les significations religieuses, sociales et symboliques de ce « nouveau » fait de société. Les conclusions mettent à mal les a priori.
Remacle Xavière, Comprendre la culture arabo-musulmane, ? 232 p., ***. Nouvelle édition.. « Ce livre se propose de rendre la culture arabo-musulmane plus proche, plus accessible en la restituant dans la dimension historique, en perpétuel échange avec les autres civilisations et les autres religions possibles . Le livre établit le lien entre l’Islam livresque, intellectuel, voire militant et l’islam vécu au quotidien »
Attac, Pour une mondialisation à finalité humaine, 175 p., **
Capron M. et Liénard G., Face à la mondialisation. Justice sociale, développement économique et contre-pouvoirs, ? 176 p., ***
Zacharie Arnaud et Avermaete Jean-Pierre, Mise à nu des marchés financiers, ? 136 p., ** Ouvrage de vulgarisation avec comme objectif de faire comprendre pas à pas les marchés financiers et leurs incidences socio-économiques.
Mission d’observateurs civils, Retour de Palestine, 120 p., **. Le quotidien du peuple palestinien
Fourez Gérard, Jean-Louis Vanherweghem, Science et conscience, 2003, 96 p., *** Débat en confrontant les avis de deux spécialistes issus de discipline et d’approche philosophique différente sur l’interpellation de notre conscience par les problèmes que pose la science ( par ex clonage, manipulations génétiques, OGM…)
Sojcher Jacques et Lobet Benoit, Quelle spiritualité aujourd’hui ? , 2003, 96 p., *** Dialogue attentionné et empreint de tolérance entre un chrétien et un libre penseur
2 . Biblio Nouveautés
01.01.Textes et ouvrages d’introduction
Manceron Gilles et Rebérioux Madeleine, sous la direction de, Droits de l'homme. Combats du siècle, Seuil/Bdic, 2004, 257 p., ****** Ouvrage publié dans le cadre de l'exposition Droits de l'homme. Combats du siècle au Musée d'histoire contemporaine-BDIC ( Bibliothèque de documentation internationale contemporaine) à Paris du 30 avril au 18 décembre 2004. Les grands thèmes de la défense des droits de l’homme dans son histoire récente (Ligue des droits de l'homme) et les nouvelles questions sont abordées par des spécialistes. Beaucoup d'illustrations.
Petrella Riccardo, Le désir d'humanité. Le droit de rêver, Labor, 2004, 188 p., *** En chacun de nous subsistent deux univers de rêves : celui, dominant actuellement, des rêves de richesse et de puissance ; l'autre , en train de naître ou de renaître, les rêves de justice, de solidarité, d'une autre économie, de paix universelle et de démocratie. Longuement, l’auteur analyse ces différents rêves avec multiples exemples.
A chacun de choisir entre l'univers de la conquête et de la domination -- un univers d'exclusion et de violence -- et l'univers de fraternité et de la démocratie -- un univers de solidarité et de sécurité commune. Essai à lire, à méditer, puis à mettre en action, car « le temps des impossibles est revenu ».
02.01 Philosophie
Illich Ivan, La perte des sens. Inédit, Fayard, 2004, 360 p ***** Recueils d'inédits d'un des penseurs les plus importants et les plus prophétiques de la seconde moitié du XX siècle..
De Decker Jacques, Les philosophes amateurs, Le grand miroir, 2004, 66 p. **. Deux copains dissertent, confrontent leurs idées sur l'homme, sur notre monde, sur la société contemporaine et ses questionnements
02.02 Religion
Ferro Marc, Le choc de l'Islam. XVIII - XXI siècle, Odile Jacob Poche, 2004, 247 p. **
Benbassa Esther, La République face à ses minorités. Les Juifs hier, les Musulmans aujourd’hui, Mille et une Nuits, 2004, 162 p, 10,00. Le points sur les débats passionnés en France : « Pluralisme, Intégration, Dialogue », une devise pour demain ?
02.03 Droit
Hugo Victor, Le droit et la loi et autres textes citoyen, 10/18, 2004.
Questions internationales, revue, Justices internationales, La Documentation française, 2004, 128 p. **
02.05 Economie
Alternatives Sud, supervisé par le Cetri, L'offensive des marchés sur l'université, L'Harmattan, 2004, 170 p. La marchandisation de l'enseignement supérieur vu par neuf auteurs venant de trois continents différents : Afrique, l’Amérique latine et Europe.
Laval Christian, L'école n'est pas une entreprise. Le néo-libéralisme à l'assaut de l'enseignement public, La découverte, 2003, ***.
Manière de voir, Le nouveau capitalisme, Le Monde Diplomatique, déc2003-janvier 2004, 98 p. **
Forum mondial des Alternatives- Cetri, Mondialisation des résistances. Etat des luttes 2004, Cetri Syllepse, 2004, 312 p. *****
Halimi Serge, Le grand bond en arrière. Comment l'ordre libéral s'est imposé au monde ? Fayard, 2004, ****
Chomski Noam, Le profit avant l'homme, 10/18, 2004.
02.06 Politique et idéologie
Chapelle Grégor, préface de Nabela Benaissa Changeurs de monde, Couleurs livres, 2004, 112 p., *** Nouvelle édition. « Nous ne supportons pas le monde tel qu’il est. Nous sommes une multitude à ne pas accepter la manière dont fonctionne la société humaine, à refuser ce système dont on ne sait pas très bien pourquoi il écrabouille tout sur son passage… » Ce livre dénonce les dérives du monde éducatif, médiatique, politique, et formule des propositions pour faire de nous tous des changeurs de monde.
Tevanian Pierre, Le Ministère de la peur. Réflexions sur le nouvel ordre sécuritaire, L' Esprit frappeur, 2004, 304 p., **
Chaliand Gérard et Blin Arnaud, sous la direction de, Histoire du terrorisme. De l'Antiquité à Al Qaida, Bayard, 2004, ******. Première encyclopédie du terrorisme : histoire, analyse, tableaux, textes ...
03.06 Liberté d’opinion, liberté d’expression
Lardeur Thomas, avec la collaboration de l'Unadfi (Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu) Les sectes, Presses de la Renaissance, 2004, 346 p. ****. Un guide pratique pour reconnaître une secte, comprendre son fonctionnement et ses méthodes pour pouvoir agir face à elle.
Junqua Daniel, La liberté de presse. Un combat toujours actuel, Milan les essentiels, 2004, 63 p. * Ce petit ouvrage montre combien le combat pour une liberté universellement proclamée mais largement bafouée est toujours d’actualité, et évoque l’ action de Reporters sans frontières . Le point sur la liberté de presse et l'action de Reporters sans Frontières.
Lemmens Koen, La presse et la protection juridique de l’individu. Attention aux chiens de garde ! , Larcier, 2004, 608 p, 130,00. Thèse de doctorat à l’Institut universitaire européen de Florence. Comment concilier liberté d’expression et de presse et respect des droits fondamentaux des individus qui font l’objet des médias ?
Lévy Alma et Lila, entretiens avec Véronique Giraud et Yves Sintomer, Des filles comme les autres. Au-delà du foulard, La Découverte, 2004, 195 p., *** Ce document invite à comprendre avant de juger ces jeunes musulmanes qui portent le voile. Que pensent-elles de la religion, du voile, des relations hommes-femmes, de la société, de la laïcité….
03.08 Apartheid, antisémitisme, xénophobie, racisme
Burrin Philippe, Ressentiment et apocalypse. Essai sur l'antisémitisme nazi, Seuil, 2004,112 p. ** Trois conférences données au Collège de France à la demande de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. L'auteur répond aux questions suivantes : Pourquoi le judéocide fut le fait de l'Allemagne ? Quelle fut la spécificité de l'Allemagne en matière d'antisémitisme ? Quel fut le lien entre judéophobie et identité nazie ?
Paxton Robert O., Le fascisme en action, Seuil, 2004, 435 p. ***** Essai sur le fonctionnement vécu du fascisme.
03.12 Droit à la culture
Tazi Nadia, sous la direction de, Les mots du monde. L'identité. Pour un dialogue des cultures, La Découverte, 2004, 140 p. *** Présentation d'un ensemble de texte qui s'efforcent de présenter la signification d'un même mot dans différentes aires culturelles
03.13 Pauvreté
Hirsch Martin, avec la collaboration de Jérôme Cordelier, Manifeste contre la pauvreté, Oh éditions, 2004, 175 p. ***Cinquante ans après l'appel de l'Abbé Pierre, les compagnons d'Emmaüs invite "à participe à l’insurrection de la bonté".
03.17 Développement
Toussaint Eric, La finance contre les peuples. La bourse ou la vie, Cadtm-Cetim-Syllepse,
2004, 640 p. ***** En 20 chapitres, l'auteur nous propose tout ce qu'il faut savoir sur la mondialisation, le néolibéralisme et la crise de la dette du Sud. Références historiques, tableaux documentaires, lexique et bibliographie font de cet ouvrage un outil d'analyse et "une arme de combat civique particulièrement bienvenue".
04.02 Droits des femmes
Gubin Eliane et alii, sous la direction de, Préface de Michelle Perrot, Le siècle des féminismes, L'Atelier, 2004, ***** 27 auteur(e)s de dix nationalités différentes issu(e)s de trois continents rendent compte de cette révolution copernicienne que fut le mouvement féministe.
XXX, Les mots du monde, masculin-féminin. Pour un dialogue des cultures, La Découverte, 2004, 154 p. *** Six regards croisés de culture différente sur les relations hommes-femmes( Monde arabe, Etats-Unis, Europe, Chine, Inde, Afrique)
Bulot Christine et Poggi Dominique, Droit de cité pour les femmes, L'Atelier, 2004. Etude concrète ( une recherche-action conduite pendant trois ans à l'est du Val-d'Oise, région paupérisée). " Ce sont les inégalités sociales, l'enfermement territorial et les discriminations raciales qui produisent une surenchère de violence. Pas seulement à l'égard des femmes.".
04.03 Droits des enfants
D'Haeyer Aurore, Enfants sorciers, entre misère et magie, Labor, 2003, 118 p,*** Dans Kinshasa, vivent des milliers d'enfants de rue qu'on a déclarés sorciers et donc responsables de tous les malheurs. Etude réalisée à partir d’une enquête effectuée à Kinshasa ( sept-oct 2002) et à Lubumbashi( juin 2003)
Baussier Sylvie, Les enfants : leurs droits , leurs devoirs, Milan, Les essentiels Junior , 2003, 37 p, 6,60. Ce livre s'adresse aux enfants à partir de 9 ans et leur présente ce qu'ils doivent savoir pour faire un exposé sur ce thème .
05.00 Approche régionale et nationale
05 01 Ouvrages généraux
Chaliand Gérard, Atlas du nouvel ordre mondial, Robert Laffont, 2003, 130 p., **** Les Etats-Unis, seule superpuissance, élabore un nouvel ordre mondial .Cet atlas trace le constat du projet géopolitique des Usa et ses répercussions régionales et mondiales . Des cartes, des chiffres, des chronologies aident à comprendre les conflits de notre monde en évolution et les puissances en présence.
Todorov Tzvetan, Le nouveau désordre mondial. Réflexions d'un européen, Laffont, 2003, 112 p., 10,70. Suite aux débats nés de la guerre en Irak, Todorov européen vivant aux Etats-Unis nous livre sa réflexion sur la place de l’Europe face à l’hyperpuissance américaine. Il fait des propositions destinées à fonder « une puissance tranquille » européenne riche de ses valeurs de ses diversités et forte de son histoire.
Enderlin Serge, Michel Serge, Woods Paolo, Un monde de brut. Sur les traces de l'or noir, Seuil, 2003, 330 p. ***** Récits de voyages en textes et en images, enquête passionnante et traité de géopolitique à travers quelques grands pays producteurs de pétrole.
05.02 Afrique
Collectif, Demain est un autre jour. Paroles de Rwandais dix ans après le génocide, 2004. Dossier réalisé par un collectif d'Ong dont Entraide et Fraternité présentant en dix points les défis du Rwanda d'aujourd’hui.
Coordination pédagogique Démocratie ou Barbarie, Rwanda, 10 ans après… du déni des droits à l'engagement citoyen, Communauté Wallonie Bruxelles, 2004. Cette publication regroupe articles, témoignages, impressions pour comprendre le génocide et le travail de reconstruction..
Entraide et Fraternité, Afrique du Sud après l'apartheid, 2004. Dossier pédagogique faisant le point sur la situation en Afrique du Sud 10 ans après la fin de l'apartheid.
Questions internationales, revue, Les conflits en Afrique, la Documentation française, 2004, 128 p. **
Zacharie Arnaud et François d'Othée, L'Afrique centrale . Dix ans après le génocide, Labor, 2004, 182 p. *** Dix ans, c’est le temps des bilans et le moment de voir l’avenir. Le Rwanda n’est plus un pays fermé sur lui-même mais il occupe une place essentielle en Afrique centrale bien malmenée par la marginalisation du continent et un passé récent chaotique. Outil pédagogique pour comprendre les enjeux de l’Afrique centrale.
05.03 Amérique
Barber Benjamin, L'empire de la terreur. Terrorisme, guerre, démocratie, Fayard, 2003, 281 p. **** Critique de la conception de la guerre préventive de Etats-Unis. "… la guerre préventive n'empêchera pas le terrorisme au bout du compte ; seule la démocratie préventive peut le faire" Benjamin Barber participe à la campagne citoyenne pour la démocratie dans le monde ( www.civworld.org).
Blum William, Les guerres scélérates . Les interventions de l'armée américaine et de la CIA depuis 1945, Parangon, 2004, 456 p. ****
Moore Michael, Dégraissez-moi ça ! Petite balade dans le cauchemar américain , 10/18, 2004, **
Attac, L'empire de la guerre permanente, Mille est une nuits, 2004, *
Wéry Michel, coordonné par, préface de Jean-Paul Marthoz, Les Etats-Unis à contre-courant. Critiques américaines à l'égard d'une politique étrangère unilatéraliste, Grip, Complexe, 2004, 169 p., ***Des voix critiques issues de la gauche radicale, et aussi de la gauche modérée et de l'establishment sont réunies dans ce recueil de réfléxion sur la politique menée par Bush et la droite conservatrice.
Kaspi André, Les Etats-Unis. Mal connus, mal aimés, mal compris, Perrin coll Tempus, 2004, 320 p., ** Un des meilleurs connaisseurs de l'Amérique contemporaine, nous décrit la société américaine . Pour combattre certains préjugés.
Millet Damien et Mauger François, La Jamaïque dans l'étau du FMI. La dette expliquée aux amateurs de reggae, aux fumeurs de joints et aux autres, L'esprit frappeur, 2004, 124 p. *
Wargny Christophe, Haïti n'existe pas. 1804-2004 deux cents ans de solitude, Autrement, 2004, 192 p. ***
Entraide et Fraternité, Haïti. 200 ans d'indépendance, 2004. Dossier constitué de 9 fiches d'animations et d'infos sur Haïti.
05.04 Asie
Paquet Philippe, illustré par Cabu, L'ABC-édaire de la Chine, Picquier Philippe, 2004, 195 p. ****. Une bonne introduction à la connaissance de la Chine d'aujourd'hui.
05.05 Europe
Salesse Yves, Manifeste pour une autre Europe, Le Félin, 2004, **. L’Europe ne peut pas être seulement l’ Europe du « grand marché », une autre Europe est possible ; pour cela il faut en définir les objectifs sociaux et politiques.
Breault Yann, Jolicoeur Pierre, Lévesque Jacques, la Russie et son ex-empire, Presses de sciences Po, 2003, 347 p. *****
Ducasse-Rogier Marianne, A la recherche de la Bosnie-Herzégovine, PUF, 2003, 544 p. ******
Nkundabagenzi Félix et Santopinto Federico, Le développement. Une arme de paix, Grip Complexe, 2004, 150 p. ***. La coopération de l'Union européenne et la prévention des conflits.
05 06 Proche-Orient et Moyen-Orient
Luizard Pierre-Jean, La question irakienne, Fayard, 2004, 476 p.*****. Nouvelle édition corrigée et augmentée. Pour comprendre les origines des conflits actuels en Irak.
Kapeliouk Amnon, préface de Nelson Mandela, Arafat, l'irréductible, Fayard, 2004. Biographie , la meilleure parue. ****
Enderlin Charles, Paix ou guerres. Les secrets des négociations israélo-arabes 1917-1995, Stock, 2004, 778 p. *****
Khalidi Rashid, L'identité palestinienne, La Fabrique, 2003, 402 p. ***** Recherche érudite sur les racines de l'identité palestinienne à partir de la période ottomane.
06.02 Bioéthique
Kahn Axel, Lecourt Dominique, Bioéthique et liberté, Puf Quadrige, 2004. **. Entretien entre un généticien et un philosophe
06.05 Environnement et écologie
Haulot Nicolas, Le syndrome du Titanic, Calmann-Lévy, 2004, 240 p. **** Dans cet essai, Nicolas Hulot conscient du naufrage proche du vivant trace le chemin du changement. " Passer du siècle des vanités à celui de l'humilité et faire des droits de la planète l'égal des droits de l'homme.." tel est son souhait.
07.00 Education et formation aux droits humains
Cric, Citoyenneté et dialogue 2004 Nouveau CD-Rom, outil pédagogique pour débats sur le fonctionnement des institutions belges, sur les élections, la montée de l'extrême droite. 60 liens internet. Gratuit . Infos 071 20 98 60
Bernard Frédéric, Pays riches, pays pauvres . Pourquoi tant d'inégalités ?, Milan, Les essentiels junior, 2003, 37 p, 6,60. Une petite encyclopédie facile à lire et à utiliser par des enfants (à partir de 9 ans) pour préparer un exposé sur cette question.
08.03 Témoignages
Sihem Bensedrine, Lettre à une amie irakienne( disparue), La Découverte, 2003, 133 p. ** Journaliste tunisienne, militante des droits de l’homme, persécutée pour son engagement , Sihem Bensedrine revient à Bagdad après la fin de la guerre anglo-américaine en Irak pour retrouver une amie qui lui avait fait découvrir l’horreur de la dictature. Mais celle-ci a disparu ; bouleversée par ce qu’elle a vu, elle décide de lui écrire.
Hatzfeld Jean, Une saison de machettes. Récits, Seuil, 2003, 312 p. **** Dans son livre « Dans le nu de la vie. Récits des marais rwandais », Jean Hatzfeld avait rapporté les récits des rescapés du génocide ; dans celui-ci, il laisse la parole aux tueurs des parents de ces rescapés, leurs voisins habitant dans les collines proches des marais. « Au plus près du mal absolu, le génocide, qu’il soit juif, gitan ou tutsi, leurs récits et les réflexions de l’auteur apportent autant de questions que de réponses ».
Freidoune Sahebjam, Morte parmi les vivants. Une tragédie afghane, Grasset, 2003, 323 p., **** Sahebjam Freidoune, journaliste, condamné à mort en 1979 par le régime de Téhéran vivant en France, auteur de « La femme lapidée », nous livre un document unique sur la condition des femmes en Afghanistan. Bilquis, 12 ans et demi, paysanne afghane fut violée par les soldats soviétiques et depuis lors elle a subi rejets, humiliations et sévices de toutes sortes. Elle fut sauvée par une ONG européenne. Actuellement âgée de 26 ans, elle se reconstruit lentement..
Fadela Amara, avec la collaboration de Sylvia Zappi, Ni putes, ni soumises, La Découverte, 2003, 155 p., *** Récit de la marche et du mouvement Ni putes ni soumises. Beaucoup de témoignages.
Blum Léon, Lettres de Buchenwald, Gallimard Témoins, 2003.*** Lettres à son fils : le quotidien dans toute sa banalité.
Gérard A. Jaeger, Carnets d'exécution. 1885-1939 Anatole Deibler, L'archipel, 2004, **** Carnets de notes d’un exécuteur officiel de la république française, année par année, décrivant les exécutions par guillotine.
Krog Antjie, La douleur des mots, Actes Sud, 2004, 414 p. *****. Poétesse et journaliste, Antje Krog a assisté aux audiences de la Commission Vérité et Réconciliation chargée de faire la lumière sur les violations des droits humains entre 1960 et 1993 en Afrique du Sud. Elle livre ici son récit..
Nivat Anne, La guerre qui n'aura pas eu lieu, Fayard, 2004, 216 p., ****.Nouvelles pages d'une journaliste en Tchétchènie sur une guerre qui se poursuit dans l'indifférence générale.
Loubna Méliane, Vivre libre, Presses Pocket, 2004, 205 p. ** Beau témoignage d’une jeune marocaine qui dans le mouvement Ni putes, ni Soumises, lutte pour l’émancipation des filles de l’immigration..
Page Lucie, Une femme au cœur de l'apartheid, Presses de la Renaissance, 2004, 488 p., ***** Une journaliste québécoise mariée à un syndicaliste sud-africain raconte sa vie sous l’apartheid . Elle parle aussi de son combat au côté des femmes opprimées.
Rudetzki Françoise, Triple peine, Calmann-lévy, 2004, 355 p. ***** Fondatrice de S.O.S Attentats, Françoise Rudetzki gravement blessée lors d'un attentat retrace son expérience, son combat pour la justice et contre le terrorisme.
Mujawayo et Souâd Belhaddad, entretien croisé entre Simone Veil et Esther Mujawayo, SurVivantes ; Rwanda, dix ans après le génocide, L'aube, 2004, 303 p. *****.Esther Mujawayo rescapée du génocide raconte son parcours avec l'aide d'une journaliste Souâd Belhaddad.
Halter Paul et Hermanus Merry, Paul Halter, Numéro 151. D'un camp à l'autre, Labor La Noria, 2004.Témoignage sur le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau et récit de la vie de Paul Halter avant et après son emprisonnement.
Hiner Saleem, Le fusil de mon père, Seuil, 2004, 172 p. ***Hiner Saleem, un kurde, raconte son enfance et l'histoire des siens depuis la prise de pouvoir par Saddam Hussein jusqu'au jour où à 17 ans il quitte l'Irak.
09.00 Littérature
Zakes Mda, La madone d'Excelsior, Seuil, 2004, *** Roman . A travers des chroniques basées sur des faits historiques réels, l'auteur , sans nier les crimes de l'apartheid fait le pari de la réconciliation et dénonce certaines dérives de la société sud africaine post-apartheid..
Kertész Imre, Liquidation, Actes Sud, 2004, 128 p. ***. Roman du prix Nobel 2002.
09.03 Littérature pour enfants et jeunes
Matton Sylvie, Oriane et les barbares, Plon, 2003.Une petite fille de huit ans atteinte de leucémie quitte clandestinement son pays pour être soignée en France tandis que le nettoyage ethnique commence en mars 1998 au Kosovo.
Brami Elisabeth, Jeunet Bernard, Sauve-toi Elie !, Seuil Jeunesse, 2003.Un enfant juif caché assiste à une rafle d'enfants. Il comprend. Récit poignant et bien illustré.
10.00 Associations de défense des droits de l’homme
Pouvoirs, revue française d'études constitutionnelles et politiques, L'ONU, Seuil, n° 109 avril 2004, 188 p., ***.Comment réformer l' Onu ? Des contributions de Boutros Boutros Ghali, Mario Bettati, Hubert Védrine …
Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, préface de Shirin Ebadi Prix Nobel de la paix, Les défenseurs des droits de l'homme à l'épreuve du tout-sécuritaire. Rapport annuel 2003, Fidh-Omct, L'aube, 2004, 299 p. ****Ce rapport présente la situation de plus de 550 défenseurs des droits humains et 80 ONG réprimés dans presque 80 pays . Le tout-sécuritaire prôné dans certains pays se traduit par une montée de l'arbitraire et une remise en cause des droits humains.
La presse comme outil de pression sur les sociétés multinationales
Les droits de l’homme représentent un thème qui génère de plus en plus d’intérêt auprès du grand public et par conséquent dans les médias. Il y a en fait un intérêt commun entre les activistes et ceux qui travaillent dans les ONG et les journalistes : les violations des droits, qui sont la préoccupation des premiers, peuvent être souvent les "scoops" ou les scandales cachés qui intéressent les derniers.
Certaines sociétés ont déjà expérimenté les côtés négatifs du risque de la réputation : la société Shell est encore associée aux yeux des groupes de défense des droits de l’homme au non-respect des droits élémentaires des communautés sur le Delta du Niger. Nike se bat pour changer la perception répandue auprès des médias et des consommateurs de son lien avec l’exploitation par le travail en Asie du Sud Est.
Si la "condamnation publique" est au présent la méthode principale de renforcement des droits de l’homme envers les Etats, elle pourrait avoir un effet encore plus fort sur les entreprises privées qui, autant qu’acteurs du marché, dépendent sur la demande et l’attractivité des produits. Dans beaucoup de cas la réponse du marché reflète la perception du public à l’égard d’une société et donc sa réputation. Ça veut dire aussi que les droits de l’homme sont de plus en plus aussi sur l’agenda des entreprises comme "risque de management et élément d’assurance de réputation."
Dans ce cadre, les médias peuvent jouer un rôle de pression indirecte important sur les compagnies car ils véhiculent la plus vaste partie des informations qui vont former la perception du vaste public sur ces acteurs économiques. Les médias sélectionnent quels événements et quels endroits du monde le public va connaître, ils décident ce qui devient "nouvelle", ils filtrent et encadrent les sujets, ils donnent un contexte aux problèmes et finalement créent une conscience des questions des droits de l’homme. Ils ne nous disent pas quoi penser, mais certainement ils nous disent sur quoi penser. La pression qu’ils peuvent exercer reste indirecte car ils jouent un rôle d’intermédiaire entre les deux parties du marché : vendeurs et consommateurs. C’est encore aux derniers d’exercer leur pouvoir d’achat et donc de pression.
Un cas spécifique : la campagne de boycott de Total Fina en Belgique et la presse
Depuis mai 1999 en Belgique un collectif d’ONG, "Action Pétrole ou Birmanie" a lancé un boycott de Total Fina contre son soutien à la junte birmane, en affirmant que les évacuations et les destructions de villages – déjà très courantes – avaient augmenté particulièrement lorsque la junte avait entrepris de vider le couloir du futur pipe line pour Total. Dès 1992-93 beaucoup de petits fermiers ont quitté leur pays, mais les données à ce sujet restent invérifiables puisque le régime n’autorise pas l’accès de ces zones à l’Organisation Internationale du Travail.
Le sujet des éclatantes violations des droits de l’homme par de la dictature birmane, a été rapporté dans la presse belge, française et étrangère de plus en plus souvent à partir du 1995. En même temps le public n’a pas adhèré à l’appel à la consommation responsable qui avait suivi la dénonciation de Total Fina. La campagne de boycott n’a pas décollé. Quel a été le rôle joué par les médias dans ce contexte ?
En regardant la liste d’articles de presse recueillie dans la revue de presse de la même campagne depuis 1995, nous trouvons qu’en Belgique Le Soir, La Libre Belgique, et en France Le Figaro, Le Monde, Libération, Le Nouvel Observateur ont couvert souvent ce sujet. Les titres des articles aux quels nous faisons référence sont quelque fois assez explicites : "Birmanie : les forçats du gazoduc, TotalFinaElf sur le banc des accusés" ;"La Belgique boycotte TotalFinaElf".Quelque fois même très clairement accusatoires : "L'argent de la drogue birmane commence à faire tache dans les affaires parisiennes" ;"Oui, Total soutient la junte birmane!" ;"Birmanie, le silence "Total" du "peuple de la bourse"";"TotalFinaElf se plaît bien avec les généraux".Mais assez souvent les titres sonnent assez détachés et neutres: "Birmanie : les accusateurs de TotalFina Elf ne désarment pas" ;"La justice française va enquêter sur les pratiques de Total en Birmanie" ;"Birmanie : une plainte déposée contre TotalFinaElf" ;"Plainte contre Total pour ‘travaux forcés’ en Birmanie" ;"Un juge belge étudie une plainte sur TotalFinaElf en Birmanie" ;"Total: bon ou mauvais procès ? Lobbying contesté de la Fédération des entreprises belges – Loi de compétence universelle".
Si nous révisons la presse et le langage utilisé nous nous rendons compte qu’il s’agit d’un thème assez difficile et complexe à rendre "communicable". Il y a plusieurs problèmes à ce regard : un problème de sources, la complexité du sujet en lui-même, la distance spatiale, le temps. Les médias demandent simplicité, clarté, de la narration, une structure construite sur "le bon contre le mauvais" au fin d’attirer le public. Ils nécessitent aussi des faits concrets, prouvés et vérifiables au fin de se protéger contre d’accusation de faux informations.
Le contrôle des sources d’informations
Avant tout il y a un problème de vérification des faits sous accusation. Il est très difficile de vérifier ce qui est en train de se passer chaque jour dans ces lieux, en particulier dans le terrain du gazoduc sous accusation, car les militaires ne donnent pas d’accès et tout ce qui se passe dans le pays est strictement sous contrôle et censure.
Complexité du problème
La campagne Actions Birmanie couvre plusieurs questions: la dictature birmane, l’implication de TotalFina, le travail forcé, une enquête de la justice française, la compétence universelle du tribunal belge, le respect des droits de l’homme par des compagnies privées transnationales en général. Dans les articles de presse sur ce sujet nous avons souvent des références légales, de droit et politique international. Les médias se trouvent à communiquer des informations assez complexes pour un public vaste et diversifié. Donc nous ne pouvons pas avoir ici de "simplicité", un des critères des campagnes facilement médiatisées.
Le facteur de la distance géographique
Autre élément important qui rend un événement intéressant pour les médias et pour le public est la proximité physique aux lieux dont on parle. Ça peut sembler un paradoxe ou même une illusion optique, mais cinq morts dans le pays à côté de nous, nous touchent plus que cinquante dans un autre continent. La Birmanie est très loin de nous, c’est un pays pas connu et en plus maintenant aussi totalement fermé.
La campagne d’Action Birmanie n’est pas un fait éclatant et circonscrit, il s’agit d’un processus long, dilué dans le temps. Si la situation grave de la Birmanie a commencé à montrer sa façade la plus brutale à niveau international déjà a la fin des années ’80, Action Pétrole ou Birmanie a été lancée en 1999 et a continué pendent les années suivantes jusqu’à aujourd’hui. Mais la motivation des journalistes qui traitent une histoire au contenu de droits de l’homme n’est pas de changer quelque chose qui est injuste, c’est plutôt de stimuler et partager une sensibilité collective sur un sujet particulier dans un moment donné. Ils ne sentent pas la nécessite de continuer à couvrir le sujet quant ils sentent que l’attention du publique baisse.
S’il n’y a pas d’accès direct aux sources d’information, si la matière n’est pas facile ou simple à communiquer, si les faits se passent dans un endroit distant et il ne s’agit pas d’un fait éclatant mais plutôt d’une situation de violation de droits de l’homme prolongée et stable comme celle de la Birmanie, il est difficile de provoquer des réactions d’identification et participation dans les gens. Même si "l’ennemi" peut être identifié dans TotalFina et l’opinion publique peut être touchée par la condition des "victimes" (le peuple birman), le sujet ne génère pas de choc émotif. Un événement qui est facilement descriptible, facile à synthétiser, assez proche au public et bien identifiable dans le temps aura plus de chances d’être "médiatisé" et donc de mobiliser l’opinion publique.
Actions Birmanie est une campagne qui a reçu un bon soutien de la part de la presse et d’autres médias, au moins en Belgique. Si les effets de l’appel au boycott ne se voient pas, il faudra peut-être regarder aussi le contexte: certaines difficultés qu’on a vu être des obstacles pour les médias, comme la distance géographique ou l’impossibilité d’accéder aux lieux incriminés, sont des obstacles pour la campagne en général.
Les médias restent la source d’information principale du grand public et donc jouent un rôle fondamental dans les campagnes qui s’adressent à l’opinion publique. Mais il faut aussi reconnaître des limites à ce pouvoir d’influence dans le sens qu’il y a des sujets qui sont plus "médiatisables" que d’autres. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’utilité dans la couverture médiatique, mais plutôt que ses effets peuvent être imprévisibles et quelque fois rester plus limités. Les médias eux-mêmes ont leurs mécanismes de travail et leurs propres critères de primarisation des sujets qu’il est nécessaire de comprendre pour que l’interaction avec les ONG et leurs campagnes puisse être fructueuse.
Pour conclure, il semble presque axiomatique de reconnaître aujourd’hui un "intérêt" pour les entreprises à se confronter avec le respect des droits de l’homme au fin d’éviter une image négative auprès de l’opinion publique. Dans l’attente d’avoir des contraintes pour les compagnies transnationales en termes législatifs, aujourd’hui le seul moyen de créer de la pression sur ces géants économiques est encore la réputation et l’image. Les activités des ONG et leurs réseaux médiatiques peuvent agir effectivement sur ces aspects auprès du grand publique.
Elena Torta
( résumé d’un travail réalisé pour le Séminaire interdisciplinaire en Mondialisation et Droits de l’homme . Facultés universitaires Saint-Louis et UCL)
Bibliographie
Actions Birmanie, http://www.birmanie.net
Bug Brother: médias libres et "anti-corporate" : site web de médias indépendants et "chiens de garde", (http://www.bugbrother.com) :
Bruant G. et A. Garrigues, Le lobbying des ONG environnementales au niveau communautaire : l’exemple de Greenpeace, Institut d’Etudes Politiques de Paris, 2001
Chomsky Noam, Les médias et les illusions nécessaires, K films Editions, Paris 1993
Conseil économique et social des Nations Unies, Report of the sessional working group on the working methods and activities of transnational corporations on its fourth session, E/CN.4/Sub.2/2002/13, 15 August 2002
Fox Jeremy, Chomsky and Globalisation, Icon Books, Cambridge 2001
Joseph Sarah, Taming the Leviathans: Multinational enterprises and human rights, Netherlands International Law Review, XLVI: 171-203, 1999
Klein Naomi, No logo, Baldini e Castoldi, Milano 2001
International Council on Human Rights Policy, Journalism, Media and the Challenge of Human Rights Reporting, Génève 2002
Muchlinski Peter T., Human rights and multinationals: is there a problem?, International Affairs 77, I (2000)31-48
Parlement européen, Résolution (CE) du Parlement sur des normes communautaires applicables aux entreprises européennes opérant dans les pays en développement: vers un code de conduite, 15 janvier 1999 (JOCE, 14 avril 1999, C104/180)
Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, Rapport d’information sur ‘le rôle des compagnies pétrolières dans la politique internationale et son impact social et environnemental’, déposé en 2000
The International Business Leaders Forum, Changing corporate roles and responsibilities: Business and Human Rights, http://www.csrforum.org
Articles cités :
Nunès Eric, Comment TotalFinaElf tente de redorer son blazon, Lemonde.fr, 9 juillet 2001
Paquet Philippe, Des limites au cynisme, La Libre Belgique, 10 mai 2002
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Le Ciddhel à l’Assemblée générale d’Amnesty International le 24 et 25 avril 2004 à Liège